Paris brûle-t-il ?

On récapitule. La presse bourgeoise monte en mayonnaise la possible participation du PCF parisien à une liste commune avec le PS aux municipales. J’ai fait un test en salle des profs : tout le monde s’en fout, mais c’est sans doute parce qu’il s’agit d’une profession très peu politisée.

Malgré cela, on nous explique que ça serait une catastrophe pour le Front de Gauche qui ne s’en relèverait jamais. J’ai fait un test en géographie. Environ 63,6 millions de Français ne sont pas Parisiens. Rendez-vous compte : ça ne représente même pas 97% de la population française !

On nous explique aussi que la décision est pliée. « Mon Front, tout est rompu. » dit-on, plagiant Eugène Labiche, qui était clairement moins maître dans l’art du vaudeville qu’un quarteron d’apparatchiks en préretraite (Oui, moi aussi je trouve que j’abuse sur les références multiples). On a bien le droit d’avoir une rhétorique de vieux staliniens, on risque rien tant qu’on n’a pas le tampon « communiste ». (NDLR : Kamenev est et restera à jamais une insulte, qu’on se le tienne pour dit.) Peu importe si les « baseux » n’ont pas voté, ils suivront la voix de leurs maîtres, paraît-il. Tant pis si tous les militants n’ont pas les mêmes réflexes idolâtres.

On brandit la cohérence de la ligne, la vieille soupe des permanents du Colonel Fabien, toujours prêts à trahir pour des strapontins. Heureusement, on est une incarnation de la pureté politique, sans jamais le moindre coup bas. En fait, on est Lutte Ouvrière, transparents comme la communication d’un laboratoire pharmaceutique.

On s’inquiète de la soirée électorale du premier tour, quand les éditocrates feront leurs choux gras de la division du Front de Gauche à Paris (et sans doute ailleurs). Heureusement, on n’a jamais établi de théorie de la « gauche par l’exemple », de « radicalités concrètes », ou encore « d’éducation populaire ». Heureusement, on n’a jamais défendu l’idée de « bataille culturelle » chère à Gramsci, on n’a jamais parlé d’être « notre propre média ». Non, rien de tout cela, sinon tout notre argumentaire semblerait bien sournois. « Les gens » pourraient penser qu’on les jette dans les bras du Front National, à force de faire de grands discours auxquels on ne croit pas.

Putain, ça donne envie d’être militant !

Bonus musical : Rammstein – Links 2 3 4

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18 réflexions sur “Paris brûle-t-il ?

  1. Claude dit :

    T’inquiètes pas pour tes potes profs. Si le PC s’allie au PS à Paris, ils finiront un jour ou l’autre par être au courant parce qu’on risque d’en bouffer souvent de l’alliance PC/PS à chaque fois que les médias parleront du front de gauche.
    Et comme le parti socialiste s’en vantera ben ça fera forcement le tour de la salle des profs !

  2. micmousse dit :

    Bon , on s’en fout que des profs ne voient pas la différence entre le PS de droite et le Front de Gauche
    On s’en fout que le PS se fasse aider par une partie du PCF pour supprimer des postes de fonctionnaires
    Tiens , d’ailleurs une très grosse majorité se fout de l’ANI , du TSCG ,des métropoles ,etc ..
    Et si ils se prennent les conséquences en pleine gueule , on s’en fout

  3. babelouest dit :

    Dis pas çà, Micmousse : mon « gamin » a envie de devenir professeur des écoles, même si actuellement il est animateur culturel (sauce Ségolène, mais c’est intéressant comme concept). Et ne t’inquiète pas, question politique il est au parfum grâce à moi (lui n’a vraiment pas le temps de se briefer ailleurs).

    Ah non d’un chien, être bon pédagogue, et donner aux foules l’éducation et les infos que les oligarques multicartes se gardent bien de leur donner….

    Vive Michel Bakounine, vive Élysée Reclus ! (houla, si les « bons pères » qui me dispensaient le savoir autrefois entendaient çà…)

  4. babelouest dit :

    Ah oui, j’oubliais: Marx était plus proche de ceux que j’ai cités, que d’un futur Lénine qui a outrepassé largement ses pensées.

  5. Partageux dit :

    J’adore ton titre !

  6. Partageux dit :

    Zut j’ai dérapé sur le clavier. Je continue.

    La réaction, ou plutôt son absence, de tes collègues n’est sans doute pas un présage de ce qui se passera dans les têtes le moment venu…

    D’une part le message sera foireux. D’autre part Juju, au café des sports, pourra avec raison dire à la cantonade que les politiciens c’est bien tous les mêmes à s’approcher du buffet quand on fait le service en oubliant le populo qui en bave…

  7. Partageux dit :

    Imaginons. Le maire sortant, éléphant socialiste, d’une ville-phare fait alliance avec le Modem pour les municipales. Sa décision aura un impact sans commune mesure avec le fait qu’il ne s’agit que d’une ville.

  8. ladilafee dit :

    merci et ouf, j’ai cru une fois de plus que je n’étais pas dans la ligne « de la pensée » des intellectuels de notre parti.
    et ça commençait à m’agacer sérieusement puisque je n’étais bien sur pas prise au sérieux, voire on te répond même pas, pauvre « fille ».
    je ne suis qu’une « simple » militante.
    et ça donne plus envie !

  9. JeanneDAU dit :

    Quoique l’on dise, écrive ou face porte un coup Que faire lorsque la machine s’emballe, je sais, il n’y a pas que tweeter mais ça va au-delà
    Nous en sommes à des mots/insultes, traitre, petit prétentieux, cocus, cireur de pompes,
    Hypocrites bornés, compromissions, capitulation
    Il y aurait des bons FDG et des pas bons, les listes sont prêtes sûrement, on parle même d’exclusions

    On fait fi de l’organisation d’un parti et on nie qu’il y a démocratie prenant ses adhérents pour des benêts. Des camarades qui ont tout fait pour le FDG, présidentielles en suivant, seraient des faux-culs, des vendus qui n’ont pas le droit de diverger sur la façons d’avancer dans un moment de l’histoire.

    Le PC a Paris voterait autrement et alors tout est remis en question ; mais c’est quoi effectivement Paris ? Et ailleurs ? Je sais on compte déjà ceux qui vont quitter le PC et rejoindre le PG…

    Qui a pris des décisions pour grossir le trait et faire que les choses soient irréversibles ? (je n’y crois pas)
    Qui a fait des déclarations pour peser, peser au point d’être déplacé vis à vis de militants qui sont sur la brèche depuis longtemps contre vent et marées et pour qui on n’a aucun respect ?

    Tout serait de leur faute ? Allons !
    Je refuse ce qui me parait être une guerre des chefs qui méritent mieux que ça.

    Très déçue et en colère Arthur

  10. […] Suite des réflexions entamées dans le précédent billet. […]

  11. Fanny dit :

    C’est pas vrai que tout le monde s’en fout dans notre salle des profs… Y’en a peut-être 2-3 que ça intéressent, mais pas à cause de la profession je crois. On a juste dans notre bahut une majorité d’esprits droitiers, ou mollement socialistes, amorphes devant la réforme des retraites… Heureusement ça bouge encore ailleurs.

    Mais aujourd’hui, la révolution était presque en marche ! Pour combien de temps ?

    Mais, ce n’est pas le sujet 😉

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