Archives de Catégorie: Législatives

A Bourg-Egalité, la lutte continue !

C’est un exercice curieux auquel j’ai assisté hier soir, alors que se déroulait à Bourg-Égalité – du nom que lui avaient donné ceux de la grande révolution – le meeting de campagne de Pascale Le Néouannic pour la législative partielle de la 13ème circonscription des Hauts de Seine qui inclut aussi les villes de Sceaux, Antony et Châtenay-Malabry. Trop peu le savent, mais l’élection de mai dernier a en effet été invalidée dans cette circonscription historiquement ancrée à droite. La raison ? Monsieur Devedjian a triché. Cette figure notable du sinistre Groupe Union Défense et d’Occident, avocat de métier, avait au printemps dernier choisi pour suppléant Monsieur Siffredi, déjà suppléant de sénateur. On ne peut pas imaginer une seule seconde que l’ami de François Fion ignorait le code électoral, il s’agit donc bien d’une manifestation de cette manière d’être à droite, qui consiste à se croire en permanence au dessus des lois.

À Antony, l’adversaire, j’utiliserai même à titre personnel le terme d’ennemi (de classe) a déjà maintes fois montré son pouvoir de nuisance. Et c’est ce que Pascale rappelle avec talent ce soir, dans une salle de 400 personnes comment le vieil ami de Nicolas Sarkozy organise la spéculation immobilière locale, au profit de ses amis. Patrick Devedjian, c’est le candidat de la bourgeoisie parasite, celle qui stigmatise les plus faibles pour mieux masquer ses propres errances. Et d’ailleurs, ne nous y trompons pas. La politique d’opposition que ce triste sire prétend représenter, c’est le plan « Fion 3 », dont l’application a été interrompue grâce notamment aux 4 millions de voix qui se sont portées sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon le 22 avril dernier.

Salle comble à Bourg-la-Reine, pour le meeting de Pascale Le Néouannic

Mais le combat est d’autant plus rude qu’à Antony comme ailleurs, ceux qui défendent des valeurs de progrès et d’humanisme sont méprisés par les laquais au pouvoir, plus prompts à se rendre à l’université d’été du MEDEF qu’à défendre les salariés du groupe pharmaceutique SANOFI. Et Julien Landfried, le chevènementiste au garde à vous, ne propose pas autre chose. Son programme, c’est celui du soutien sans aucune faille au gouvernement actuel. Son programme, c’est le choix de l’austérité à perpétuité, c’est le choix de la politique Merkozy teintée de pseudo-normalité.

Mais comme l’a rappelé Jean-Luc Mélenchon, qui était, avec la maire de Bagneux Marie-Hélène Amiable, venue soutenir Pascale et son suppléant Pierre Ouzoulias, ce n’est pas parce qu’Antony fait partie de ces circonscriptions supposées « perdues d’avance » que nous devons renoncer à nous battre. Faire de la politique, c’est créer un rapport de force, et c’est notre devoir de n’abandonner aucun territoire de la République aux forces du capitalisme.

De gauche à droite : Marie-Hélène Amiable, Pascale Le Néouannic, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Ouzoulias

Je ne suis pas électeur dans la 13ème circonscription des Hauts de Seine, donc je ne participerai pas au vote du 9 décembre, alors si toi, tu votes là bas, sois sympa de voter pour toi, pour moi, pour nous et donc pour Pascale Le Néouannic.

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Tribunes d’experts, le caca : même combat.

Ça pue et seuls les lapins et les cochons d’inde sont prêts à en manger.

Dans mes jours les plus clairement masochistes (en général les lendemains de cuite où il faut aller travailler), le meilleur moment est celui où j’achète un des trois grands quoti-riens nationaux, mon choix se portant le plus souvent sur la feuille de nem vespérale, mais parfois sur l’infanticide baveux des idées révolutionnaires, ou encore, comme ce fut le cas aujourd’hui, sur celui qui poussa le comique jusqu’à mettre le journaliste le plus bête de France à sa tête. Bref, je m’installe donc sur la cuvette des chiottes pour mon caca matinal, muni de mon PQ ouvert à la page 17.

Les divagations du cumulard Duhamel

Alain Duhamel, vous connaissez, et depuis longtemps. Son inutilité parasite pollue télévisions et ondes radiophoniques depuis l’ORTF. Avec son copain Elkabbach, cela fait désormais des décennies qu’il distille son poison libéral sans jamais rendre de compte.

Le cumulard, comme l’appelait Georges Marchais, sévit donc aujourd’hui dans une tribune intitulée « Le quitte ou double en trompe l’œil de Mélenchon ». Dès la première phrase, le ton est donné : « Jean-Luc Mélenchon a tous les défauts du monde, mais il faut reconnaître qu’il ne manque ni de panache, ni de nez politique, ni d’un sens exceptionnel du théâtre. » Monsieur Mélenchon est un gros con, mais comme Danton, il parle bien. Entre l’invective et la flatterie, on ne sait pas ce qu’on préfère chez Alain Duhamel, d’ailleurs on distingue mal l’une de l’autre.

Le propos consiste ici à expliquer que contrairement aux apparences, la victoire est acquise à Hénin-Beaumont pour le candidat du Front de Gauche. Connaissant le talent de prédictions d’Alain Duhamel (l’homme qui soutenait Bayrou en 2007), ça aurait plutôt tendance à m’inquiéter pour le camarade Jean-Luc. D’ailleurs, le cumulard parasite nous montre dans la même phrase que sa tribune est placée sous le signe de la déconnade : « tous les sondages, publics ou non, donnent la gauche gagnante au second tour, qu’il s’agisse du candidat de terrain du Parti Socialiste, honorable élu local de la circonscription, ou de l’incandescent orateur hugolien. » Prière de ne pas rire. Tellement honorable, le Kemel, que quand il s’agit d’investiture, même les morts l’honorent.

La logorrhée de notre bien triste sire vire ensuite à la pure calomnie, accusant Mélenchon, « par son appétit et par son intransigeance, de faire échouer l’accord entre socialistes, écologistes et Front de Gauche » aux législatives.

Et nous voilà ainsi au cœur de l’argumentaire de l’imposteur idéologue (faux journaliste, vrai propagandiste). Le Front de Gauche est en réalité une menace pour le PS, une menace pour la bonne politique programmée par le candidat de Libération, une entrave à la bonne gestion gentille de la vraie gauche responsable. Mélenchon sera alors – il faut oser l’écrire – « la mauvaise conscience de gauche face aux sévères réalités des soubresauts européens. » Soit ça ne veut rien dire, soit ça veut tout dire, je vous laisse juges.

La bêtise, meilleure amie du fascisme

Le polito-glauque Thomas Guénolé, dont on apprend qu’il est maître de conférences à Sciences-Po, ce qui est pour moi disqualifiant d’entrée, nous propose une réforme du code électoral pour le moins amusante. En intitulant son billet « Entre deux extrêmes », il annonce déjà clairement qu’il n’est pas question de faire la différence, il faut pas déconner.

Je ne m’attarde pas, comme le fait notre inutile du jour, sur l’analyse du vote « extrême » de l’antiquité (ou presque) à nos jours (et au delà), ladite analyse n’apportant rien d’autre que le nombre de signes suffisant à son émargement. En revanche, sa suggestion de réforme du code électoral est édifiante. Monsieur Guénolé propose de calquer le scrutin législatif sur le scrutin présidentiel, id est un plafonnement à deux candidats au second tour, avec un objectif clair : « Les extrêmes deviendraient progressivement des courants minoritaires des deux grands partis ». Belle leçon de démocratie !

L’idiot du jour évoque aussi l’impossibilité alors d’éliminer un parti de gouvernement par effet de seuil de type 21 avril. Là, je reste coi. C’est officiel, l’un de nous deux est totalement con. Indication : ce n’est pas moi.

Charitable, enfin, Monsieur Guénolé serait prêt à accorder un scrutin proportionnel au suffrage universel direct (mais par départements, n’exagérons rien) pour l’attribution des sièges au Sénat, en précisant bien que c’est parce qu’en cas de blocage, l’Assemblée Nationale a le dernier mot. En termes clairs, on veut bien vous donner un jouet, mais restons dans l’entre-soi policé des gens sérieux !

Je vous laisse, je pars vomir, en attendant, comme disait l’autre, qu’ils s’en aillent tous !

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