Archives Mensuelles: mai 2012

Tribunes d’experts, le caca : même combat.

Ça pue et seuls les lapins et les cochons d’inde sont prêts à en manger.

Dans mes jours les plus clairement masochistes (en général les lendemains de cuite où il faut aller travailler), le meilleur moment est celui où j’achète un des trois grands quoti-riens nationaux, mon choix se portant le plus souvent sur la feuille de nem vespérale, mais parfois sur l’infanticide baveux des idées révolutionnaires, ou encore, comme ce fut le cas aujourd’hui, sur celui qui poussa le comique jusqu’à mettre le journaliste le plus bête de France à sa tête. Bref, je m’installe donc sur la cuvette des chiottes pour mon caca matinal, muni de mon PQ ouvert à la page 17.

Les divagations du cumulard Duhamel

Alain Duhamel, vous connaissez, et depuis longtemps. Son inutilité parasite pollue télévisions et ondes radiophoniques depuis l’ORTF. Avec son copain Elkabbach, cela fait désormais des décennies qu’il distille son poison libéral sans jamais rendre de compte.

Le cumulard, comme l’appelait Georges Marchais, sévit donc aujourd’hui dans une tribune intitulée « Le quitte ou double en trompe l’œil de Mélenchon ». Dès la première phrase, le ton est donné : « Jean-Luc Mélenchon a tous les défauts du monde, mais il faut reconnaître qu’il ne manque ni de panache, ni de nez politique, ni d’un sens exceptionnel du théâtre. » Monsieur Mélenchon est un gros con, mais comme Danton, il parle bien. Entre l’invective et la flatterie, on ne sait pas ce qu’on préfère chez Alain Duhamel, d’ailleurs on distingue mal l’une de l’autre.

Le propos consiste ici à expliquer que contrairement aux apparences, la victoire est acquise à Hénin-Beaumont pour le candidat du Front de Gauche. Connaissant le talent de prédictions d’Alain Duhamel (l’homme qui soutenait Bayrou en 2007), ça aurait plutôt tendance à m’inquiéter pour le camarade Jean-Luc. D’ailleurs, le cumulard parasite nous montre dans la même phrase que sa tribune est placée sous le signe de la déconnade : « tous les sondages, publics ou non, donnent la gauche gagnante au second tour, qu’il s’agisse du candidat de terrain du Parti Socialiste, honorable élu local de la circonscription, ou de l’incandescent orateur hugolien. » Prière de ne pas rire. Tellement honorable, le Kemel, que quand il s’agit d’investiture, même les morts l’honorent.

La logorrhée de notre bien triste sire vire ensuite à la pure calomnie, accusant Mélenchon, « par son appétit et par son intransigeance, de faire échouer l’accord entre socialistes, écologistes et Front de Gauche » aux législatives.

Et nous voilà ainsi au cœur de l’argumentaire de l’imposteur idéologue (faux journaliste, vrai propagandiste). Le Front de Gauche est en réalité une menace pour le PS, une menace pour la bonne politique programmée par le candidat de Libération, une entrave à la bonne gestion gentille de la vraie gauche responsable. Mélenchon sera alors – il faut oser l’écrire – « la mauvaise conscience de gauche face aux sévères réalités des soubresauts européens. » Soit ça ne veut rien dire, soit ça veut tout dire, je vous laisse juges.

La bêtise, meilleure amie du fascisme

Le polito-glauque Thomas Guénolé, dont on apprend qu’il est maître de conférences à Sciences-Po, ce qui est pour moi disqualifiant d’entrée, nous propose une réforme du code électoral pour le moins amusante. En intitulant son billet « Entre deux extrêmes », il annonce déjà clairement qu’il n’est pas question de faire la différence, il faut pas déconner.

Je ne m’attarde pas, comme le fait notre inutile du jour, sur l’analyse du vote « extrême » de l’antiquité (ou presque) à nos jours (et au delà), ladite analyse n’apportant rien d’autre que le nombre de signes suffisant à son émargement. En revanche, sa suggestion de réforme du code électoral est édifiante. Monsieur Guénolé propose de calquer le scrutin législatif sur le scrutin présidentiel, id est un plafonnement à deux candidats au second tour, avec un objectif clair : « Les extrêmes deviendraient progressivement des courants minoritaires des deux grands partis ». Belle leçon de démocratie !

L’idiot du jour évoque aussi l’impossibilité alors d’éliminer un parti de gouvernement par effet de seuil de type 21 avril. Là, je reste coi. C’est officiel, l’un de nous deux est totalement con. Indication : ce n’est pas moi.

Charitable, enfin, Monsieur Guénolé serait prêt à accorder un scrutin proportionnel au suffrage universel direct (mais par départements, n’exagérons rien) pour l’attribution des sièges au Sénat, en précisant bien que c’est parce qu’en cas de blocage, l’Assemblée Nationale a le dernier mot. En termes clairs, on veut bien vous donner un jouet, mais restons dans l’entre-soi policé des gens sérieux !

Je vous laisse, je pars vomir, en attendant, comme disait l’autre, qu’ils s’en aillent tous !

Tagué , , ,

Une minute bordelaise avec Leitmotiv

Elles sont multiples, personnelles et universelles les raisons qui me poussent aujourd’hui à vous parler de Leitmotiv. Je pourrais vous parler de Pierre, le chanteur aimant l’amour et haïssant la haine, ami au mot toujours juste. Je pourrais vous parler de ces moments partagés dans mon petit cercle de trentenaires bordelais, avant, pendant et après leurs concerts. J’essaierai de me contenter de parler de leur musique.

En bons bordelais, Leitmotiv est fils du rock de Noir Désir, et en a hérité ses riffs efficaces et sa prose remplie d’onirisme. En bons musiciens nés dans les années 80, Leitmotiv est aussi fils de Radiohead, dont il a hérité la douceur et le soucis de créativité, de toujours perfectionner, d’aller plus loin dans ces subtilités d’arrangements qui sont étrangères au profane.

Après un premier maxi, intitulé « Des airs », et un 2 titres incluant « Need somebody » et « L’échappée belle », Leitmotiv sort fin 2009 un premier album, « Les temps dansent ». C’est assez pour mesurer le goût du calembour dans les textes, mais ce n’est que le prétexte à un propos jamais innocent. On aboutit alors à un joli pot pourri de chansons traitant d’amour, d’amitiés, de la solitude de celui qui affronte le monde en s’interrogeant, de politique … Les mots sont justes, les maux sont les nôtres, l’émoi qu’ils procurent la conséquence logique.

Leitmotiv – Hasta la victoria siempre

L’album est maintenant disponible sur iTunes et sur Deezer, donc vous n’avez pas d’excuse pour ne pas écouter. Et pour ceux qui ont besoin du live, et de la vidéo, le concert complet dont un extrait est publié un peu plus haut est aussi disponible ici :

Je ne résiste pas à l’envie de reproduire ci-dessous les paroles de la chanson éponyme de l’album, je trouve qu’elle résume bien mon propos.

Les temps dansent

Tango du désespoir, valse de l’oubli
Qu’importe le pas, l’abnégation,
Cette foi en nous, bénis oui-oui
Que l’on ne nie pas non, non, non !
Le ciel est beau, et toi laid
La vie est belle, le reste est mieux.
Parti d’une baise de donnée,
Un clavier AZERTY en vaut 2.
On mettra au normes nos hormones
Et l’ADN en harmonie
Unanime hymne à l’uniforme
Que tous soient légos et barbies
Le tout en haute définition
Fin du diktat du dictionnaire
Néologisme, esprit du pion
Abréviations, LOL, MDR

Être en avance, et ne plus prendre de recul
Quelle formule a du sens ?
Quel est le sens de la formule ?
Les temps dansent …

La science désarmée se délite
Et donner son corps à l’absence
Rattraper les cerveaux en fuite
Et les planqués de la finance
Délocalisations en Chine
Commerce azimuté en éveil
De l’enfance jusqu’à l’usine
Alice au PIB des merveilles
Les petits ruisseaux d’aujourd’hui
Asséchés par les grandes dérives d’hier
Cet étang dense de réseaux qui
Te fait respirer le sale air
De le peur viciée, cela nous sied
A bien en étouffer la Terre
Ça a hyper, super marché
L’Europe a la jouvence monétaire,
Souffle délétère.

Inspire, expire rapidement
Désert de notre ère
Importe-exporte ce qui est dans le vent
Les temps dansent …

Tagué , ,

Réponse à Romain

Cher Romain, j’avais entamé une réponse à ton message en commentaire, avant de m’apercevoir que cela nécessitait un développement qui justifiait une note à part entière que voici. Encore merci pour ton avis, qui constitue pour moi une base solide de discussion.

Je commencerai par « expédier » les aspects qui me semblent mineurs. Pour ce qui est d’être « manichéen », j’accepte le qualificatif malgré sa connotation. Dans une société de classes, il y a l’oppresseur et l’opprimé, toute tentative de nuance n’est finalement que poudre aux yeux. Les classes moyennes n’existent que par une tentative d’expliquer que la politique, « c’est plus compliqué que ça ». J’accepte donc le terme bons et méchants, mais pas dans une optique morale. Les « bons » sont bons politiquement, parce qu’en défendant leurs intérêts de classe, ils défendent la notion philosophique d’intérêt général. Les « méchants » sont méchants parce qu’adversaires objectifs de la classe opprimée.

Ce qui m’amène à te répondre sur la question de la caractérisation politique (du PS et des autres). J’oppose « droite républicaine » (PS, EELV et une partie de l’UMP-Modem) à la droite qui avance à visage découvert (UMP-FN), id est la droite de la haine comme fondement idéologique. Qu’est-ce qui distingue ces deux droites ? Deux choses, fondamentalement. D’une part, il me semble qu’il s’agit d’un style qui pousse les uns à la retenue et les autres à la surenchère vulgaire et grossière du « Casse-toi pauv’ con ! » D’autre part, les positionnements sur des questions de société, avec des partis pris plus libéraux chez les uns, tels que le mariage homosexuel, l’apologie du métissage, le droit des femmes etc. Mais sur le fond, tout le monde est d’accord, voit le capitalisme en horizon indépassable de la société, et vote la fleur au fusil le MES et là « règle d’or ». Finalement, ergoter sur ce qu’est politiquement le PS, c’est se bercer de l’illusion démocratique du pluralisme. C’est pourquoi l’important ici, c’est pour moi d’affirmer que le PS, dans ses choix idéologiques, est objectivement un ennemi de classe.

Passons à ce qui me paraît être le point important de la discussion. Pour résumer en vrac, tu invoques trois arguments qui me semblent relever de la même problématique. la question de la communication, la question de la stratégie et la question du fond idéologique. L’essentiel de ma position a déjà été exprimée dans ma réponse à l’excellent article de cridupeuple, je me contenterai donc d’enrichir mon propos. Je partage complètement ton avis sur la nécessité d’unité des forces progressistes, et j’espère qu’il n’y a eu aucun malentendu à ce sujet. Je suis le premier à penser que tant que nous nous battons entre nous, le patronat se frotte les mains. En revanche, je réfute l’idée d’une unité incluant le Parti Socialiste, qui est un parti bourgeois pro-capitaliste. Nous vivons une période de « recadrage » idéologique, la campagne d’entre deux tours de Nicolas Sarkozy en est la manifestation évidente dans le camp de nos adversaires. Dans cette perspective, il est exclu que le Front de Gauche, et principalement le PG et le PCF, participe à ce recadrage en courant après les idées social-démocrates de gestion « moralement acceptable » du capitalisme. Il n’est pas plus acceptable en ce début de XXIème siècle de penser le progrès social sous une forme réformiste. Les expériences historiques passées – Révolution Française en tête – et les participations du PCF à de nombreux gouvernements pilotés par le PS en ont largement montré les limites.

J’en arrive donc à ce qui me semble être notre véritable point de divergence. Tu écris : « Si nous devons, pour reprendre une expression restée célèbre “plumer la volaille socialiste”, il est impératif de ne pas s’en aliéner la base. Ça passe donc par la politesse et la courtoisie avec les militants PS, et avec une attitude positive vis-à-vis du gouvernement. » Le PS ne se combat pas de la même manière que le Front National, mais le PS doit être combattu. Ne pas s’aliéner les militants du PS, cela commence par les prendre pour ce qu’ils sont. Ils ne sont pas, pour reprendre l’expression de Marx, un « Lumpën-prolétariat » sans culture politique. Augmenter le SMIC, interdire les licenciements etc. est un discours susceptible de capter l’attention des plus malheureux, mais ce réformisme diluant n’a pas sa place dans un dialogue avec un militant socialiste. En effet, la bataille se situe ici à un niveau clairement idéologique. C’est pourquoi je conteste complètement la dichotomie entre stratégie et « philosophie ». On doit se demander plutôt quelle est la racine de la discorde entre « réformistes » et « révolutionnaires » du XXIème siècle. Au XIXème siècle, on n’y voit qu’une différence de moyens mis en œuvre pour mettre fin à la domination capitaliste. Aujourd’hui, il y a clairement d’un côté ceux qui sont pour la réduction des inégalités (encore que quand je vois Manuel Valls et DSK, j’ai des doutes) dans le cadre de la société bourgeoise, et de l’autre ceux qui sont favorables à la destruction pure et simple de la société capitaliste par l’abolition de la propriété privée des moyens de production, pour forger une société sans État et sans classes. C’est en réalité un affrontement de paradigmes, au sens où Thomas Kuhn l’expose – dans un autre cadre, certes – dans La structure des révolutions scientifiques. Plus précisément, je justifie mon analogie par la présentation par son auteur du concept d’incommensurabilité. En deux mots, Kuhn défend l’idée qu’on ne peut pas défendre les théories d’Einstein dans un cadre Newtonien, parce que les deux théories ne parlent tout simplement pas de la même chose, les paradigmes, id est notamment les postulats de départ sont en contradiction quasi-ontologiques. Le parti socialiste, spécialiste en stratégie, a bâti sa ligne actuelle sur la construction de concepts ineptes, aussi bien philosophiquement que politiquement, à coups de votes utiles et de distinction spécieuse entre capitalisme productiviste et capitalisme spéculatif. Mais, me diras-tu, Marx lui-même parle d’aristocratie financière, dans Les luttes de classes en France de 1848 à 1850. Certes, mais il démontre que cette aristocratie financière provoque la défaite de la petite bourgeoisie. On voit bien là que l’enjeu n’est pas pour les socialistes de combattre le capitalisme, mais de s’adresser à cette catégorie illusoire qu’est la classe moyenne, c’est à dire la petite bourgeoisie laborieuse qui a peur du déclassement social.

C’est pourquoi, en conclusion, j’estime que respecter les militants socialistes, cela consiste à démasquer systématiquement l’imposture idéologique de la Realpolitik gestionnaire de la rue de Solférino.

Tagué , , , ,

La goutte d’eau …

Voter François Hollande, c’était pour moi une nouvelle couleuvre difficile à avaler. Hésitant au soir du premier tour, le discours du candidat Sarkozy entre les deux tours était tellement nauséabond que voter Hollande, c’est devenu crucial pour nous débarrasser de ces torrents de haine. Je me souviens néanmoins m’être donné jusqu’au 4 mai, journée du meeting du Front de Gauche place de Stalingrad, pour prendre une décision définitive. Les discours de Jean-Luc Mélenchon et de Pierre Laurent avaient achevé de me convaincre.

Mélenchon à Hénin-Beaumont, je trouvais ça d’autant plus sympathique qu’originaire de Lens, j’associais le politique à l’affectif. Et patatra! Trois jours suffisent à mettre en rogne, à l’heure même où le nabot élyséen plie bagages.

D’abord dimanche, lors de l’émission C Politique, Jean-Luc Mélenchon reprend à son compte la théorie de Robespierre sur la propriété privée. Chez Robespierre, ça donnait : « Le droit de propriété est sacré, il faut le limiter ». Chez le candidat du Front de Gauche, les termes diffèrent légèrement mais le fond reste.

Dimanche, toujours, le PCF participe à une négociation tri-latérale avec les inexistants de l’écologie (EELV) et le PS (droite que je qualifierai de républicaine, par opposition à l’UMP-FN) pour obtenir des circonscriptions « gagnables » aux législatives à venir. Bêtise désormais séculaire du PCF, qui, à la théorie stalinienne déjà douteuse de la « révolution dans un seul pays » (au prix de toutes les trahisons, cf. à ce sujet l’excellent Homage to Catalonia de George Orwell), substitue désormais la protection stalinienne de l’ordre bourgeois. Parfois, je me dis que des mecs de droite ont raison de parler de parti « d’un autre temps ».

Lundi, j’écoute Jean-Luc Mélenchon, encore lui, sur France Inter. Le refinancement de la dette grecque, non, camarade Jean-Luc ! Les banquiers qui vivent sur la souffrance de nos camarades grecs sont des prévaricateurs. J’incite nos camarade grecs à refuser de payer cette note illégitime. Faire les poches des banquiers, ça commence par les empêcher de s’attaquer aux nôtres. Ils suivraient ainsi le modèle des camarades islandais, qui vont bien mieux aujourd’hui qu’il y a trois ans, et celui bien plus célèbre encore des camarades soviétiques de la révolution d’octobre.

Mardi, enfin, cette lettre pathétique adressée à Jean-Marc Ayrault, dont je ne citerai que le début, prière de ne pas rire, c’est sérieux :

« Monsieur le premier ministre cher camarade » (sic) puis :
« L’élection de François Hollande et votre nomination ouvrent une possibilité pour qu’enfin les exigences de notre peuple soient entendues. »

C’était donc ça, Jean-Luc, qui t’a poussé à nous demander de voter pour le mou corrézien ? Moi je croyais qu’on n’attendait rien d’eux. Ne rien attendre, je pensais que c’était plus qu’une posture consistant à refuser tout siège ministériel (encore eût-il fallu qu’on vous en propose), je croyais qu’il s’agissait de continuer le combat contre cet ordre capitaliste que Monsieur Hollande représente aussi bien que ses prédécesseurs.

Camarade Jean-Luc, François Hollande n’est pas un interlocuteur crédible, auprès de qui on pourrait faire avancer nos idées. François Hollande, nouveau président de cette Vème république si hostile à l’émancipation des classes laborieuses, n’est ni plus ni moins qu’un ennemi de classe !

Pour les traîtres et pour les idiots béats, un constat politique qui m’est malheureusement trop familier : « Un autre protestataire a franchi la ligne, pour constater que l’argent est de l’autre côté ». C’est pas de moi, c’est du Green Day.

Tagué , , ,

Rock’n’Rouge : un blog rock et rouge (et toc)

Pourquoi j’écris

Dans un premier temps, je m’apprêtais à vous raconter l’Histoire de l’Humanité de la création du monde – un jour de janvier 1984 – à nos jours. J’ai changé d’avis, désolé si ça provoque des vagues de suicides collectifs parmi mes lecteurs.

Je suis d’une tendance politique qui a le plus souvent connu la défaite, en tout cas depuis que je suis en âge de m’y intéresser. Imaginez que mon premier scrutin était la présidentielle de 2002. Ça calme ! En 2005, je faisais partie des 55% qui avaient gagné, mais les 45% qui se partagent traditionnellement le gâteau du pouvoir m’ont fait comprendre que j’avais perdu (et après on s’étonnera de ma méfiance, pour ne pas dire « défiance » vis-à-vis du PS)

Récemment, pourtant, j’ai entendu un message d’espérance qui me semblait perdu. Il ne s’agit pas simplement de la campagne réussie de Mélenchon à la présidentielle, ou plutôt si, à condition de ne pas confondre l’homme et la campagne. Au delà des discours, des symboles et des images, c’est un élan auquel j’ai assisté. Dans les meetings, dans les manifs, sur internet, ce sont des gens avec qui j’ai ri, échangé, crié, applaudi. Nous sommes indignés, rebelles, combatifs, entêtés, mais par dessus tout intelligents, beaux et joyeux.

C’est ce qui me donne aujourd’hui l’envie d’écrire. Je ne suis pas un grand théoricien, parfois piètre militant, mais parler un peu plus fort, je sais faire et c’est un début. Il paraît que le changement, c’est maintenant. Le changement oui, mais pas celui qu’on croit ! Un changement auquel, pour une fois, j’aimerais porter ma contribution, fût-elle modeste.

Voilà, j’ai failli en dire plus, mais là je dois partir à Amiens. Bonjour et ravi de faire votre connaissance, camarades.