Archives de Tag: Fralib

Nanterre, le 2 avril, à 13 heures

Pas besoin de faire un long billet aujourd’hui. Tout ce qui doit l’être a déjà été écrit . Ce qui comptera demain, c’est que nous répondions à l’appel. Ce qui comptera demain, c’est l’expression de notre solidarité. Ce qui comptera demain, c’est de faire corps derrière notre camarade Gérard Cazorla.

Pas besoin de vous en dresser un portrait aux petits oignons, pas besoin d’en faire un syndicaliste hors du commun. Ce qui est important, c’est que c’est l’un des nôtres que l’on attaque, et on ne laisse pas l’un des nôtres seul face à l’ennemi.

FRALIB

La seule véritable force de notre adversaire, c’est sa capacité à nous diviser, à empêcher que notre classe prenne conscience de ce dont elle est capable. Demain, rendons nous à Nanterre, et prouvons à nos adversaires qu’ils se trompent. Qu’ils tremblent, car nous refusons de continuer à avoir peur : Fralib vivra !

Bonus musical (ibère et libertaire) : ¡ A las barricadas !

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Des luttes, et des séminaires ouvriers pour lutter

Ceux qui pensent que notre parti a en son sein d’autres « stars médiatiques » que son co-président se trompent et montrent par leur aveuglement une coupure avec les réalités quotidiennes de la classe ouvrière. Ce n’est pas seulement inquiétant, c’est inacceptable. Si je me permets de formuler ces remarques de manière aussi peu diplomate, c’est que je sais combien ce piège nous guette tous. Mes récents billets ont souvent traité de cuisine interne au PG ou des thèmes de politique générale. Je pourrais finir par croire que c’est cela, militer, et comme tant d’autres oublier le terrain, l’action concrète. Je ne suis pas meilleur qu’un autre si on ne se charge pas de me rappeler à l’ordre.

Pour autant, on ne se refait pas, et mon militantisme se construit aujourd’hui encore beaucoup par la lecture. Ceux qui aiment lire connaissent cette tendance compulsive à acquérir cinq livres dès qu’ils franchissent la porte d’une librairie. Sur les cinq, un peut-être sera lu, avec de la chance. Alors, à Bordeaux, j’ai décidé de n’acheter qu’un seul livre. Pas au hasard, soigneusement choisi : celui coordonné – davantage que co-écrit – par mes camarades Hélène Le Cacheux et François Longérinas : « Avec les Fralib, de la résistance à l’alternative » et sous-titré « Les luttes s’alimentent des luttes ».

François Longérinas (au micro) et Hélène Le Cacheux au séminaire ouvrier.

François Longérinas (au micro) et Hélène Le Cacheux au séminaire ouvrier « Fralib »

Bien sûr, il y a quelque chose de personnel dans ce choix, car j’ai la joie de compter Hélène parmi mes amis, parce qu’elle m’a présenté aux ouvriers en lutte de Gémenos, parce qu’ils m’ont fait visiter leur usine. Pas de stars disais-je plus haut, car mes « stars » à moi, ce sont eux. Et je n’exagère rien quand j’affirme qu’une accolade sincère d’un des Fralib me donne plus de joie, m’intimide davantage qu’une poignée de main d’un dirigeant de partie, quelle que soit la sympathie que je puisse avoir à son égard.

Les Fralib sont devenus avec le temps la piqûre de rappel qui m’évite l’égarement politique. Quand je pense à ces hommes et ces femmes à l’histoire exemplaire, je me souviens que faire de la politique, c’est un engagement entier. Celui qui ne fait qu’écrire sans agir est un révolutionnaire de salon. Celui qui agit sans jamais réfléchir achète la corde qui le pend. Fralib, c’est le courage de l’action mêlé à la patience de la réflexion qui leur a permis d’aboutir à un projet industriel viable dès qu’ils auront remporté la bataille finale (sur le plan juridique notamment) contre Unilever, cette multinationale qui illustre aujourd’hui si bien ce que l’on entend par l’expression « haine de classe ».

Les fralibs rassemblés devant le tribunal de Nanterre.

Les fralibs rassemblés devant le tribunal de Nanterre.

Ce petit livre d’à peine cent pages n’est pas le récit du combat renouvelé de David face à Goliath, c’est encore moins un concentré de doxa politique à appliquer en toute situation sans jamais déplacer de virgule. Non, ce n’est rien de tout cela, c’est avant tout l’illustration de ce que peut-être un projet concret d’éducation populaire.

Mes camarades du Parti de Gauche n’auraient probablement pas pu organiser ce premier séminaire ouvrier s’ils avaient eu par ce biais l’intention d’expliquer aux ouvriers de Fralib quels étaient les enjeux de leur lutte et comment l’organiser. Après plus de deux ans de conflits, ils n’avaient attendu personne. C’est ce que doit comprendre tout militant politique, et cela ne va pas sans dire, tant ils sont nombreux, les militants sincères sombrant dans une forme de cynisme : nous sommes un outil au service des travailleurs, pas l’inverse. Les Fralib n’appartiennent pas au PG, pas au Front de Gauche ni à aucune autre organisation politique. Nous, au contraire, appartenons aux Fralib dans le sens où notre rôle est de les aider, dans la mesure de nos moyens (pratiques, idéologiques…), dans la lutte à mort qu’ils ont engagé contre le capitalisme mondialisé.

Le séminaire ouvrier qui s’est tenu sur le site même de l’usine de production du thé Éléphant le 8 décembre 2012, c’est enfin, je crois l’ébauche concrète de ce Front des Luttes plus que jamais nécessaire à l’émancipation de tous les travailleurs. Par la diversité de ce qui y ont pris part : ouvriers, syndicalistes, étudiants, militants politiques etc., il a notamment contribué à combattre l’idéologie du « tous pourris » qui colle trop souvent aux militants syndicaux et politiques, idéologie si chère à l’extrême-droite. Par son succès, ce séminaire est enfin le mot d’ordre lancé à toute la classe ouvrière, bien au delà du seul site de Gémenos. C’est un appel fait aux ouvriers à s’organiser de manière solidaire, à prendre en main l’avenir de leur emploi, et donc leur propre avenir.

A la grande manifestation contre le TSCG, le 30 septembre dernier.

A la grande manifestation contre le TSCG, le 30 septembre dernier.

Les Fralib ne s’y sont pas trompés, qui sont toujours là pour témoigner de leur engagement aux côtés des autres travailleurs en lutte, de la Fête de l’Humanité aux rassemblements de soutien aux ouvriers de PSA, des manifestations contre le TSCG au salon de l’agriculture, en passant pas les « Pilpa » de Carcassonne. Tiens, je me suis laissé dire que ces derniers avaient demandé des conseils pour organiser leur propre séminaire ouvrier.

Tremble, Capital ! La classe ouvrière se donne les armes de l’éveil à la conscience de classe, elle devient solidaire et répond petit à petit à l’appel de Karl Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous. » Et gare à toi quand elle aura pris la mesure de sa force !

Bonus musical : HK et les Saltimbanks – Toute mon vie

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Les raisons de la colère

Ce billet a été écrit ce matin, mais ce sont bien les aléas d’un séjour en province (sic) qui me contraignent à publier seulement ce soir. Soyez rassuré, je rentre à Paris demain.

Ça se termine, ce congrès. À l’heure où je démarre ce billet, Martine Billard, à la tribune pour clore ce long week-end, vient de dénoncer les attaques infâmes de quelques cloportes qui se proclament indûment journalistes à l’encontre de mon camarade Jean-Luc Mélenchon. Je ne m’étendrai pas davantage sur les propos diffamatoires de quelques uns, tant il semble que les antisémites ne sont pas forcément ceux que l’on croît. Nous, au Parti de Gauche, nous ne le sommes pas, et si nous avions des gages à fournir, ce ne serait certainement pas à ces messieurs qui se nourrissent de la haine de classe.

5,000 personnes présentes, difficile de rester sagement assis.

5,000 personnes présentes, difficile de rester sagement assis. (Photo : François Longérinas)

Beaucoup de fatigue ce matin, et malgré le soleil enfin décidé à se montrer franchement, l’envie de rentrer pour simplement dormir ou bouquiner au calme. Nous voilà au termes de deux jours de débats nourris, et il faut bien le dire, pas toujours détendus. De bien mauvaises langues pourraient dire de nous qu’on passe notre temps à se foutre sur la gueule. Qu’ils ne s’en privent pas. Nous avons l’incroyable volonté de ne pas être des donneurs de leçon, comme monsieur Carvounas. Nous avons l’incroyable volonté de ne pas nous comporter comme des parasites gouvernementaux avec comptes à numéros, imposant aux autres ce qu’on se garde bien d’appliquer à soi-même. Oui, au Parti de Gauche, on s’engueule, parce que l’exercice de la démocratie est bien une expérience difficile au quotidien. Nous appelons à la convocation d’une constituante qui posera les jalons d’une VIème République, et cette VIème République ne sera pas le jouet d’oligarques pourris. Oui, on s’engueule davantage dans un congrès démocratique que dans les think tank, ces cercles qui pensent qu’une bonne idée ne peut pas germer dans l’esprit d’un peuple.

Le "camarade et néanmoins ami" Nathanaël Uhl, en pleine intervention "punk".

Le « camarade et néanmoins ami » Nathanaël Uhl, en pleine intervention « punk ».

Au Parti de Gauche, nous appliquons à nous-mêmes ce que nous voulons étendre à l’ensemble de la société. Alors on s’engueule. On s’engueule mais on ne se fâche pas. On s’engueule comme les camarades, comme les frères que nous sommes. On s’engueule, enfin, mais si notre colère est intacte, elle est toujours dirigée dans le bon sens. Nous pouvons être fiers du travail accompli depuis la création du Parti de Gauche en 2008, fiers des campagnes menées avec nos partenaires dans le cadre du Front de Gauche, fiers du résultat produit par ces mois de préparation de Congrès, fiers du résultat auquel il a abouti en ce week-end aquitain. Nous ne sommes pas devenus une association de baronnies ni un cartel de courants politiques, comme ce parti soi-disant socialiste qui serait comique s’il ne détenait pas tous les leviers du pouvoir dans notre pays. Nous n’avons pas dilué notre discours à des fins électorales, nous ne l’avons pas faussement durci dans un gauchisme de parade, nous sommes restés fidèles à ce que nous sommes, ni plus ni moins que les défenseurs de la révolution citoyenne.

Martine Billard à la tribune.

Martine Billard à la tribune. (Photo : Rémy Blang)

Notre colère, je le maintiens, est une colère saine, parce qu’elle se dirige contre Laurence Parisot, contre Pierre Moscovisci, contre la famille Peugeot et tous ceux qui sont de l’autre côté de la barrière de classe et qui sont donc nos ennemis. Nous l’avons à nouveau affirmé ces jours-ci : il est grand temps que la peur change de camp. Pour ma part, et comme ce camarade à la tribune hier, je rappellerai en conclusion les propos de Félix Dzerjinski : « Pour nos adversaires, quatre murs, c’est trois de trop. »

Bonus Delapierre :

Bonus musical : The Ramones – Blitzkrieg Bop

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Les polars et l’amnistie des syndicalistes.

Le polar a trop souvent été considéré comme un sous-genre littéraire. Je ne compte pas entrer dans un débat qui à mon avis n’en est pas un. Comme dans tout genre littéraire, il y a les romans de gare qui ne pissent pas loin, mais qui ont en général le mérite de l’assumer. Ça change de Guillaume Musso qui pense encore être écrivain ! Et puis il y a toute cette littérature débordante où le suspense est au service du talent plus que l’inverse. Bien des noms d’auteurs me viennent en tête, mais j’en retiens deux en particulier. Le premier, c’est celui de Fred Vargas, dont la plume fait vivre ces personnages étranges, fuyants, incongrus, dans des atmosphères à la limite de l’onirique. On n’est pas chez Flaubert, Hugo ou Maupassant, mais le suspense n’est ici que secondaire. Un artifice d’artiste au service d’un univers que l’on regrette toujours de quitter.

L’autre esthète du polar qui fait ma joie, c’est l’américain Dennis Lehane. Ami lecteur, même si le roman policier n’est pas ta tasse de thé, tu as forcément rencontré Dennis Lehane au cinéma, puisque son excellent Mystic River a été brillamment adapté par le non moins talentueux Clint Eastwood. Tu as raté ce bijou ? Bon, tu as vu Shutter Island par Martin Scorsese ! Non plus ? Bordel, va falloir que je prenne en main ta culture cinématographique !

Même l'affiche du film est remarquable, je trouve !

Même l’affiche du film est remarquable, je trouve !

Bref, il y a quelques temps déjà, j’ai dévoré Un pays à l’aube, du même auteur. Un pays à l’aube du XXème siècle – l’action se déroule aux USA, pendant l’année 1918 – et d’une puissance qui se construit dans les années qui suivent autour de la lutte idéologique contre le communisme. Et c’est notamment de luttes de classes qu’il est question dans ce roman. L’intrigue policière est très largement reléguée au second plan, prétexte qu’elle est à la peinture sociale d’une époque. Dans cette fresque très documentée, l’écrivain évoque une grève des policiers de Boston, et leurs revendications principalement salariales.

La conclusion de cette grève qui, me semble-t-il, n’est pas une invention mais un événement historique bien réel, c’est que les policiers obtiennent satisfaction pour chacune de leurs revendications. Enfin, les policiers recrutés pour remplacer les grévistes virés. C’est ce symbole qui m’a fait repenser cette semaine au roman que j’évoque ici avec la maladresse de quelqu’un peu familier de la critique littéraire. Oui, notre ennemi de classe a sur nous l’avantage de la conscience de classe qui nous fait si cruellement défaut. Cette conscience le rend inflexible vis-à-vis de toute tentative de rébellion chez les nôtres, et même quand le rapport de forces l’oblige à reculer, il s’arrange pour nous le faire payer d’une manière ou d’une autre, pour rappeler que c’est lui le plus fort.

Le joueur de baseball Babe Ruth, un des protagonistes du roman.

Le joueur de baseball Babe Ruth, un des protagonistes du roman.

C’est bien l’enjeu de la proposition de loi des sénateurs Front de Gauche concernant l’amnistie des syndicalistes. Comme un clin d’œil à la perfide Laurence Parisot et à l’infâme PDG de Titan, cette loi a été votée à l’arrachée dans un Palais du Luxembourg qui, me dit-on, est majoritairement de gauche pour la première fois dans l’Histoire de la Vème République. La majorité soi-disant socialiste a pris soin auparavant de l’amender, ou plus exactement de l’édulcorer au point de la vider de presque tout son sens. Le pire est à venir, on annonce un débat plus âpre encore au Palais Bourbon. Que restera-t-il de cette loi une fois votée ? Un effet de tribune obscène pour un gouvernement qui un jour devra rendre compte d’un bilan bien sombre, je le crains.

Loi d'amnistie

Du coup je pense à Xavier Matthieu, à cet ouvrier de Mittal orphelin d’un œil, et à tous ceux dont on criminalise les revendications, car le Capital punit terriblement nos rébellions. Je pense surtout à Gérard Cazorla, camarade en lutte de Fralib, que j’ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises. Unilever s’acharne contre lui et d’autres, l’obligeant à mener de front bataille sociale et bataille judiciaire, simplement parce qu’il refuse qu’on lui ôte ce qui le fait vivre. Je pense aux gars de PSA, dont chaque action est désormais accompagnée d’un cortège de CRS, alors même que ceux qui les crucifient sur l’autel du profit peuvent pratiquer le lock-out illégal sans être inquiété. Je pense à eux et à tant d’autres, et j’ai tout simplement la rage.

Bonus musical : The Clash – Guns of Brixton

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Fralib, le soleil, et 80,000 copains.

Parmi les choses agréables de la vie, il y a les dimanches ensoleillés, quand la canicule est partie. C’est l’occasion de balades entre amis ou en famille, éventuellement d’un verre ou d’un croque-monsieur en terrasse. Une fois n’est pas coutume au mois de septembre, la journée d’hier était de ces dimanches. J’avais donc décidé d’y retrouver quelques amis, vers 13h30, Place de la Nation.

Vers midi, j’arrive donc sur le quai du RER, quelque part au nord de l’Essonne, et m’engouffre dans le premier train à destination de Paris. À peine entré, je reconnais dans un des carrés de sièges quelques amis qui eux aussi me reconnaissent. Chacun donne son prénom, mais leurs autocollants réclamant un référendum et mon drapeau du Parti de Gauche ont suffi à nous faire comprendre que notre destination était identique. La discussion s’installe autour du TSCG, de la politique catastrophique du gouvernement en place, des travailleurs en lutte un peu partout. Discussion naturelle dans ce genre de conditions. Cela se poursuit jusqu’à au changement de quai à Châtelet ainsi que dans le deuxième train qui nous emmène à Nation. Nos chemins se séparent ici.

Remonté à la surface, je me dirige vers le ballon PG, convaincu que c’est là que je vais croiser le plus de têtes connues. J’ai en effet rapidement l’occasion de saluer quelques visages déjà rencontrés ici ou là. Une fois encore, on ne retient pas tous les prénoms, mais les visages amicaux restent en mémoire. Je me dirige alors vers le carré de tête de notre cortège dominical, pas dans l’espoir d’y croiser une quelconque célébrité, c’est les jeu des journalistes, mais de saluer les camarades du service d’ordre. J’échange quelques mots, je pars m’acheter deux merguez glissées dans une baguette pas très fraîche, et puis j’aperçois Pierre (ou lui m’aperçoit, je ne sais plus) en compagnie de Philippe et Olga, puis on retrouve José et Hélène, en compagnie des « Fralib », « Fra-libres » entend-on parfois dans la bouche de gens dont la langue fourche joliment. Ils défilent parmi les premiers, ces travailleurs symbole d’une unité et d’une résolution sans faille contre l’injustice faite aux ouvriers. Je ne les quitterai qu’une fois arrivé Place d’Italie.

 

Défiler avec « Fralib », ça rend une manifestation particulièrement savoureuse. Ils ne sont pas sectaires, manifestant ensemble, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Mon camarade José, du PG, tient une pancarte « Boycott Lipton » au premier rang devant la banderole, Éric Corbeaux, du PCF, animateur du Front des Luttes, tient avec eux la banderole « Unilever doit payer », on me demande de participer à la mise en place d’un cordon ayant pour but de rendre cette banderole visible par tous. Sur notre chemin, ceux qui sont la fierté de Gémenos sont souvent applaudis par la foule agglutinée sur les côtés, certains viennent nous voir, pour les encourager ou les féliciter. Moment intimidant, voire gênant pour moi qui me sent usurpateur de leur lutte. Chaque fois qu’on vient me souhaiter du courage, je m’empresse de préciser que je ne suis là qu’en sous-traitance amicale, que ce sont ceux autour de moi qui sont les véritables héros. Les camarades, eux, ont compris l’essentiel. On n’obtient rien sans unité, et on n’obtient pas l’unité sans joie. Les slogans ne sont jamais pleurnichards, et cèdent parfois la place à des commentaires avisés sur la dégelée de l’OM à Valenciennes. La détermination n’a de sens que si la bonne humeur domine.

 

Nous arrivons vers 16h sur la Place d’Italie, on prend quelques photos, on grignote un sandwich, et puis les camarades provençaux repartent en direction de la Gare de Lyon, il est l’heure pour eux de rejoindre les Bouches du Rhône. Je croise encore quelques camarades que je connais, un collègue de travail « toujours présent dans les mauvais coups » (pour le citer), on remonte le cortège en sens inverse, celui des syndicats, celui du Front de Gauche, celui du NPA, et en queue de cortège, le POI, improvisant un meeting en haut du Boulevard de l’Hôpital, appelant à maintenir l’unité des forces de gauche rassemblées aujourd’hui. Le camarade au micro dit tout haut ce que nous savons déjà tous : le traité mortifère sera voté. Qu’à cela ne tienne, les comités contre la ratification du TSCG doivent devenir naturellement des comités pour son abrogation. Ce sera le mot de la fin, et il me convient parfaitement.

Une pause en terrasse, on prolonge la discussion pendant une heure encore, puis retour en banlieue, un peu vidé, et surtout convaincu que ce combat là ne fait que commencer. Aujourd’hui j’ai vu 80,000 copains. ON LÂCHE RIEN !

En bonus : une vidéo faite par un camarade sur l’ensemble du cortège (et même qu’on me voit dedans) :

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À Aulnay, l’austérité c’est maintenant !

J’étais hier à Aulnay-sous-Bois pour assister au meeting organisé par les travailleurs en lutte de l’usine PSA. En France, les révolutions se produisent quand il fait beau, et le soleil de cette fin septembre semble rejeter l’austérité à laquelle le capitalisme veut nous condamner. Je constate en arrivant que l’événement a rassemblé trop peu de monde à mon goût, mais aller à Aulnay, c’est un peu comme aller en province. Rendez-vous compte : là bas, pas un métro, à peine une station de RER. Les camarades présents signalent toutefois la solidarité avec ce qui s’annonce comme le drame social de cette fin d’année à Aulnay, et plus généralement en région parisienne et en France. CGT, Sud, FSU etc. sont présents. Les organisations politiques aussi, bien que non invitées à la tribune.

Du soleil et des drapeaux pour soutenir les travailleurs de PSA.

Toute la gauche est réunie ! Toute ? Non. Une petite majorité mesquine réclamant en permanence le rassemblement à gauche n’a pas jugé utile de se déplacer. Si on demande à Samia Ghali, j’imagine qu’elle nous dira que l’usine ne ferme pas mais qu’elle déménage. Finalement, quand des membres d’un parti socialiste reprennent une terminologie national-socialiste, je me dis que le rassemblement de la gauche, il est préférable de le faire sans la droite. Je n’évoque pas l’inexistence parasitaire de ces passe-plats d’Europe-Écologie-La-Vanité : personne ne sera étonné de leur absence. Pour le reste, on croise les personnalités récurrentes de la gauche. Marie-Georges Buffet est au premier rang, Olivier Besancenot est venu en famille, Arlette Laguiller parle aux caméras, Éric Coquerel se laisse prendre en photo… Ce qui réunit la gauche, c’est de savoir que sa place est ici davantage qu’aux universités d’été du MEDEF.

Philippe Poutoux pour Ford et Éric Coquerel pour le PG.

À la tribune, on parle de la convergence des luttes, avec les travailleurs de PSA bien sûr, mais aussi avec les camarades d’Air France, dont l’emploi francilien est menacé, on parle de Sodimédical, de la menace que l’austérité fait peser sur les services publics autant que sur l’emploi privé. Les « Fralib », qui depuis longtemps ont compris que leur combat était aussi celui d’Aulnay-sous-Bois, de Florange ou d’ailleurs, sont quelques uns à avoir fait le déplacement. Cela nous rappelle l’urgence de constituer un véritable Front de Gauche des luttes, une coordination permanente où le politique se ferait la courroie de transmission du syndicalisme afin d’engendrer une véritable force de frappe pour se défendre contre les saigneurs capitalistes. On en est encore loin, mais ce travail est plus que jamais d’actualité.

Tous ensemble !

C’est le maire socialiste de la ville qui est au micro, osant se faire le porte-parole des salariés en lutte, alors même qu’il appartient à une majorité qui intime aux camarades de rester « raisonnables », quand l’ami Nathanaël me dit, avec une mine quelque peu déconfite : « Putain, y’a pas grand monde. » Comme pour répondre à ce constat désolé, un rebondissement fait notre joie: alors que le public a le bon goût de siffler à plusieurs reprises l’homme au micro, un bus s’arrête, dont on voit sortir bruyamment les camarades de Ford Blanquefort, revenant du salon de l’auto. Plus personne n’écoute le camarade social-traître. On prend quelques photos, on renforce l’idée que chaque lutte est la nôtre.

Enfin, les discours se terminent, le ciel se fait menaçant, il est temps de rentrer à Paris, afin de reprendre des forces pour la manifestation du lendemain. Chaque lutte est la nôtre, celle contre la ratification du TSCG est celle de tous.

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Trois mots pour trois jours !

Hier soir, j’ignorais de quelle manière je vous raconterais ce qui était, je le rappelle, ma première fête de l’Huma. Les émotions qui m’ont submergées ces trois derniers jours avaient fait place à un vide mélancolique, je manquais de cet optimisme qui donne la force d’écrire, en somme j’étais vidé. Je ne souhaite pas écrire une dissertation sur ce qu’est la fête, je n’aspire pas à travailler pour le service communication du journal. Je ne raconterai pas non plus le week-end par le menu, par trop brouillon, qui créerait une indigestion du lecteur.

Je suis rentré avec cette conviction renforcée qu’on n’est pas, comme certains idiots le prétendent, plutôt pour la liberté quand on est de droite, plutôt pour l’égalité quand on est de gauche. Quand on est de gauche, on valorise et on associe ces deux concepts à l’aide de ce liant trop souvent méprisé : la fraternité. Pour cette raison, mes amis, mes camarades, j’ai écrit une très courte lettre que j’adresse au grand nombre.

À Nathanaël et José, pour leur parrainage dans les faits,

À Pierre, Benoît, David et à ceux avec qui on peut passer aisément de la discussion sérieuse à la tranche de rire,

Les baskets rouges, un devoir !

Aux militants vus ailleurs, dans les manifs et les meetings, à ceux que je n’avais jamais vus auparavant, aux camarades du PG de Montreuil en particulier ,

À Shaka Ponk, malgré la pètre qualité du son de la grande scène et l’inexpérience de ceux qui ignorent qu’un slam, ça se fait allongé et pas assis,

Au stand du PCF Savoie pour sa fondue,

Aux camarades en lutte de PSA et Fralib, avec qui j’ai pu échanger quelques mots, ou simplement les saluer,

Les Fralib sur la grande scène

À Patti Smith, qui me pardonnera de ne pas l’avoir vraiment écouté, car j’étais occupé à bavarder en riant avec des camarades,

Aux JC de Bordeaux, pour leurs merveilleux badges,

Pour les amateurs de créativité provoc’

À Alexis, pour cette recommandation avisée,

Au stand PCF de la Seine Maritime, qui a permis de démasquer des amateurs de Claude François,

À Jojo, mon vieil ami croisé par hasard.

À New Order, pour avoir fait plaisir à Papa,

À ceux qui luttent partout dans le monde, en Palestine particulièrement, qu’ils montent sur la grande scène ou qu’ils subissent l’isolement des geôles israéliennes,

À toi, camarade anonyme qui me faisait perdre trois phrases du discours de Jean-Luc Mélenchon à chaque fois que ton regard croisait le mien.

À Benoît, encore, pour son canapé, à José et Hélène, pour la voiture et pour les flics,

Au soleil, pour sa présence continue,

À Thiéfaine, enfin, pour le double mérite d’avoir livré un sublime concert (bien que trop court), et d’être arrivé sobre sur scène après avoir pourtant subi l’interminable discours de Patrick Le Hyaric,

La joie d’un grand concert pour conclure…

MERCI POUR TOUT !

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