Les petites annonces de Libé

On le sait, c’est la crise de la presse papier. Une nouvelle idée m’est venue pour aider le quotidien Libération à vendre davantage d’exemplaires. En effet, puisqu’on nous dit que les caisses de l’État sont vides, il ne fait pas bon être l’organe de presse officiel du gouvernement.

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Donc, je suggère qu’un résumé en images du journal fondé par celui qui refusa le Prix Nobel – et tenu par des écrivaillons sans talent – soit lu en voix off dans tous les cinémas par un stagiaire à la voix de préférence nasillarde. On adoptera une maquette en noir et blanc pour rappeler de façon avant-gardiste que Libération, c’est avant tout un journal écrit avec de l’encre noire sur du papier blanc.

Bonus musical : Eiffel (sur des paroles de Léo Ferré) – Le conditionnel de variétés

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Lettre ouverte à Jean Quatremer

Monsieur Quatremer, j’ai failli ne pas écrire ce billet vous concernant. L’idée m’est venue quand j’ai appris que vous cherchiez des poux à un camarade blogueur, je me suis dit que je lui afficherais mon soutien par ce biais. Et puis nous avons eu cet échange surréaliste sur Twitter, Je ne parle pas de votre menace préventive de procès, voilà qui est une bien pathétique tentative d’intimidation. Je lui ai accordé l’importance qu’elle mérite : aucune. Non, ce dont je me suis rendu compte, c’est que je m’apprêtais à vous faire une publicité déraisonnable. Je ne dispose que d’une audience toute relative, mais à l’heure où les pages de Libération s’affirment de plus en plus comme un bon moyen de caler un meuble bancal, j’ai bon espoir d’avoir bientôt plus de lecteurs que vous. Si à cela j’ajoute que j’ai la gueule de bois, qu’il y a manif à 13h et que j’ai une lessive à accrocher, vous comprendrez que je ne déborde pas d’enthousiasme. Mais j’ai promis, et je n’aime pas faillir à ma parole.

Ouh là ! Je dois faire attention à ce que j'écris.

Ouh là ! Je dois faire attention à ce que j’écris.

Donc, Monsieur, si j’ai bien compris, vous n’aimez pas être traité d’antisémite. C’est désagréable, j’en conviens, et je ne me permettrais pas de relayer cette insulte à votre égard. Cependant, vos récents propos m’ont sérieusement perturbé, et pour en avoir discuté avec d’autres, je sais que je ne suis pas le seul. J’avais pris l’habitude de vos attaques à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon, et lors de notre congrès, je m’attendais à de nouvelles attaques, peu importe ses déclarations. C’est la nature du coup porté qui m’a glacé d’effroi. D’incompréhension, d’abord, tant je me suis senti idiot. C’était le samedi soir, je venais de lire le billet de mon ami Nathanaël, je l’ai croisé et lui ai demandé : « Sérieux, c’est quoi le rapport ? » C’est quoi, Monsieur Quatremer, le lien entre l’expression « finance internationale » et la religion juive ? Je vous pose la question car manifestement, je n’ai pas l’intelligence nécessaire pour comprendre cette analyse de la politique européenne qui n’est pas sans rappeler la finesse idéologique de l’album de Tintin L’étoile mystérieuse. Bref, la crédibilité de votre remarque sonne aussi juste que celle de mon voisin du dessus quand il me dit du voisin du dessous : « Il m’a traité de fils de pute, cet enculé ! »

On pourrait disserter longuement sur ce qui se passe dans la tête des gens, faire des procès d’intention et organiser une chasse aux sorcières. Cela n’a guère d’intérêt au fond. J’aimerais toutefois, si vous le permettez, vous donner un conseil. Soyez un peu plus avare de vos menaces, elles pourraient finir par passer pour ce qu’elles sont : des fanfaronnades. Les « insultes » dont vous vous plaignez n’ont pas la gravité d’une insulte de cour d’école, et je sais de quoi je parle. Si nos propos à votre encontre méritaient des procès, alors la moitié de mes élèves pourrait traîner en justice l’autre moitié, et je pourrais moi-même attaquer mes élèves suffisamment souvent pour en faire une source de revenus supérieure à mon traitement. S’il vous plaît, gardons notre sérieux.

Finalement, vous qui êtes si prompt à menacer et à donner des leçons, comprenez-vous seulement le sens des mots ? Connaissez-vous, par exemple, le sens du mot « secte » ? C’est le terme que vous utilisez pour commenter l’expression « gratte-papier » que j’ai utilisée pour vous définir. Contrairement à ce que vous semblez croire, ce n’est pas une insulte, c’est un jugement de valeurs, une appréciation de votre absence de talent. J’y suis autorisé, je ne suis qu’un simple blogueur. Mes billets n’engagent que moi, et j’assume pleinement leur parti pris politique. Je ne suis pas journaliste, je n’écris pas pour informer.

La paille, la poutre...

La paille, la poutre…

Le problème, c’est qu’on se demande si vous, qui vous dites journaliste, écrivez pour informer. Il y a de quoi s’interroger, en effet, quand on constate à quel point vous faites feu de tout bois dès lors qu’il s’agit de porter le discrédit sur le co-président de mon parti. Qu’il s’agisse du vote sur les farines animales au Parlement européen, ou de propos tenus à notre congrès, vous n’êtes pas très regardant. Toujours prompt à vous engouffrer dans la brèche, vous vous souciez assez peu de vérifier si l’argument n’est pas, par hasard, un peu tiré par les cheveux. Loin de moi l’idée de vous faire une leçon de professionnalisme, le métier de journaliste n’est pas le mien. Je me contente ici d’énoncer des faits.

Enfin, vous prétendez n’attaquer que Mélenchon, pas les militants de son parti. Se sentir flétri par ricochets des injures que vous lui adressez serait « sectaire ». Ce qui est ironique, c’est que dans le cas contraire, vous ironiseriez probablement sur des tensions fratricides en notre sein. Monsieur Quatremer, lorsque vous déversez votre fiel sur Jean-Luc Mélenchon, votre cible n’est pas mon voisin du dessous (vous savez, l’enculé qui a traité mon voisin du dessus de fils de pute). Ce n’est pas une attaque contre un individu, mais contre un projet politique. Finalement, vous et moi avons un point commun : nous sommes tous les deux des combattants de la lutte des classes, chacun dans son camp. Ce qui nous différencie, c’est que je l’assume et avance à visage découvert.

Bonus musical : Renaud : Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ?

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La république n’est pas compatible avec le capitalisme

Y a-t-il vraiment une « affaire Cahuzac », comme il y a eu une « affaire Woerth » ? Ce simple mot, « affaire », enferme tout ce qu’il y a de moisi dans le fonctionnement de la Vème République. Dans le langage convenu des médias et des professionnels de la politique, on n’entend plus guère l’expression « être au pouvoir », le mot « pouvoir » est sale, connoté, le pouvoir c’est nécessairement le pouvoir sur l’autre, une illégitimité quasi-ontologique. Toujours donner l’illusion de ce qui est lisse, l’égalité proclamée par la novlangue. Non, la pensée dominante préfère l’expression « être aux affaires ».

Les affaires de l’État ? Rien n’est moins sûr. Du temps de Chirac, les « affaires » désignent un ensemble de magouilles dans lesquels tant de personnages publics ont trempé. Rien de grave, on pratique l’amnésie à grande échelle, le public oublie. C’est ainsi qu’on peut être mêlé jusqu’au cou dans une affaire sordide de sang contaminé par le virus du sida au milieu des années 80, il suffit d’être patient, on se relève de tout et on finit ministre des affaires étrangères.

Les affaires, c’est les affaires. Les affaires tout court. En Vème République, tout est dans tout, et réciproquement (sic). On dirige un cabinet ministériel, le temps de faire quelques relations, d’épaissir un carnet d’adresses bien utile une fois de retour dans le privé. C’est le système qui le veut, il s’est construit dans une logique de vases communicantes. On naît du bon côté de la barrière de classe, on fait des études de droit, de sciences politiques, on passe par l’ENA, par HEC, Polytechnique… On finit par proclamer élite ce qui n’est que consanguinité toute capétienne. L’un deviendra une figure importante d’un cartel de patrons, son tout petit frère sera président de la république. Pas de complot, juste des logiques cohérentes de préservation de classe.

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Woerth, Cahuzac, d’accord. Voilà les petits derniers d’une liste déjà longue de ceux qui se servent du système pour camoufler leurs magouilles. Avant eux il y a eu Dumas, Tapie, Tibéri, j’en passe et de bien meilleurs. Ces gens-là ne manipulent pas le système, ils sont le système. La liste est longue et s’allongera encore, car elle exprime l’essence de ce qu’est le capitalisme : la recherche du profit maximal par tous les moyens. On peut décider de « moraliser la vie politique », créer pour cela une commission, mettre à sa tête un ancien premier ministre et sans la moindre once de second degré y inclure une ex-ministre VRP en pharmacie. Cela conduira à un changement des règles du jeu, peut-être, mais le jeu continue.

Après Cahuzac, qui viendra ? Peu importe au fond, qu’il soit issu du PS. UMP et FN ont fait leurs preuves dans l’escroquerie. Soyons honnête jusqu’au bout. Remplacez Cahuzac par mon voisin du dessus ou mon boucher, rien ne changera, personne n’est pur. Il n’est pas tellement question de personnes physiques, le véritable problème est que la corruption, la fraude et autres travers vénaux sont consubstantiels au capitalisme.

Vite, la révolution !

Vite, la révolution !

Depuis que la monarchie a cessé d’être sérieusement envisagée en France comme alternative politique, la République s’est peu à peu éloignée de ses buts premiers. Alors qu’elle devrait être perçue comme le choix d’un système politique, elle est reléguée au rôle de fonctionnement institutionnel du capitalisme. Sous la Vème république, les élus du Front de Gauche ne pourront jamais guère faire mieux que contribuer à limiter la casse sociale, notamment au plan local. Mais même quand nous serons majoritaires au niveau national, cette fausse république au service de l’oligarchie nous enchaînera. On ne pourra pas mener une véritable politique de gauche dans son cadre.

L’appel que nous avions lancé lors de la dernière campagne présidentielle n’était pas un hochet, un produit marketing de campagne. C’est une nécessité, la condition sine qua non de notre réussite. La Vème République, c’est la confiscation de la souveraineté populaire au profit de l’oligarchie, c’est une république en trompe l’œil.

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Cet appel, nous le renouvelons aujourd’hui. Nous voulons la VIème République car nous voulons rendre le pouvoir à son seul propriétaire légitime : le peuple. Nous voulons la VIème République car nous voulons la République.

EDIT : Pour aller plus loin sur le sujet : Pour la VIème République : Et que vive la Sociale

Images : Naz Oke

Bonus musical : Midnight Oil (encore) – Redneck Wonderland

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L’arbre qui cachait une forêt (brune)

Au départ, donc, il y a un scandale politico-financier devenu trop banal. Comme son prédécesseur du précédent quinquennat, Monsieur Éric Woerth, Jérôme Cahuzac est démasqué. Les deux sont réputés pour leur expertise en termes de finances, une expertise telle qu’on finit par les prendre la main dans le sac. Pour le petit prolétaire que je suis, les sommes sont vertigineuses, pas pour nos protagonistes. Eux qui tutoient la bourgeoisie, la vraie, celle qui prend bien soin de ne pas faire parler d’elle, ça devait ressembler à des pourboires. Plus sérieusement, il y a de quoi s’interroger. Il me semble avoir retenu de la théorie monétaire de Marx la notion de « fétichisme de l’argent ». Être ministre « en charge des sous » dans un tel système, n’est-ce pas nécessairement installer un loup dans une bergerie ? Autrement dit, peut-on être un ministre de l’économie compétent sans être vénal, avec les conséquences que l’on voit quand cette logique est éprouvée jusque dans ses derniers retranchements. Je pose des questions, chacun proposera ses réponses.

Au moment de l’affaire Woerth, le président Sarkozy, jamais avare de voler au secours des escrocs et des dictateurs, avait décrit Mediapart en ces termes : « une officine au service de la gauche ». Aujourd’hui, Sarkozy aussi est mis en examen. Dont acte. Mais si Mediapart a ouvert le feu en premier, avec un dossier manifestement solide, n’en déplaise à certains, ce n’est pas une officine au service de la gauche qui sort le dossier explosif du jour. C’est un célèbre quotidien vespéral – dont on sait qu’il ne peut être soupçonné de sympathies pour le Front de Gauche – qui braque les projecteurs sur l’extrême droite.

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Alors que l’instruction du dossier Cahuzac démarre à peine sur le plan judiciaire, la pièce qui se joue sous nos yeux – ébahis, il faut bien le reconnaître – voit naître des personnages ô combien chatoyants. Ainsi, on apprend que le compte UBS de l’ex-ministre a été ouvert par un tiers, le dénommé Philippe Péninque. Dans le langage médiatique policé, l’attribut consacré est « sulfureux ». Dans le mien, on peut choisir entre crapule, ordure, résidu de tourista ou encore le très à la mode salopard. Son CV parle pour lui, voyez plutôt :

« Philippe Péninque, 60 ans, n’est pas un inconnu pour ceux qui suivent les affaires de l’extrême droite. Cet ex-membre du GUD, un syndicat étudiant d’extrême droite radicale, connu pour sa violence, est aussi ancien membre fondateur d’Egalité et réconciliation. Il fait aujourd’hui partie des conseillers officieux de Marine Le Pen. En 2007, il avait réalisé l’audit du Front national. »

Ce bien triste sire est par ailleurs associé à un autre personnage peu ragoutant, Jean-Pierre Eymié, dont on apprend que ses petits camarades gudards l’ont affublé du doux surnom de « Johnny le boxeur ». Tout un programme, d’autant plus alléchant que ces deux là forment avec l’homme qui n’a jamais cru à la lutte des classes une bande suffisamment intime pour pratiquer ensemble le golf et les week-ends à la mer. Je sais bien qu’on n’est pas responsable des méfaits de nos amis, mais tout de même, dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. Là on est quand même sur de la crevure de première classe. Il y a de quoi s’interroger.

À ce stade, deux points me paraissent importants à prendre en compte. Je veux bien accorder à chacun le bénéfice du doute sur sa connaissance des activités frauduleuses d’un membre du gouvernement, encore que cela soulève bien des interrogations. L’évasion fiscale est un passe-temps qui gagne à être pratiqué avec discrétion. Néanmoins, on ne devient pas ministre du jour au lendemain, Monsieur Cahuzac n’a pas été désigné à un poste aussi important que le sien à l’issue d’un tirage au sort, parmi d’autres inconnus. S’il a été choisi, c’est parce que messieurs Hollande et Ayrault connaissaient sa position idéologique. Ils ont donc sciemment donné leur confiance à un homme qui, bien qu’issu de leurs rangs, n’est manifestement pas un homme de gauche. Pouvaient-ils ignorer que ses sympathies allaient si volontiers à l’extrême-droite française la plus nauséabonde ? Une fois de plus, je pose la question, et je ne la pose pas qu’au gouvernement, mais à l’ensemble du Parti soi-disant socialiste. Il y a quelques semaines, Harlem Désir, qui s’est empressé d’aboyer avec les loups lorsque Jean-Luc Mélenchon a été flétri par des accusations infâmes, condamnait « fortement les attaques et les calomnies sans fondement à l’encontre de Cahuzac. » En voilà encore un qui n’en rate pas une.

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L’autre élément fort intéressant, c’est le glas du positionnement « anti-système » du Front National. Toute la crédibilité du parti qui sent bon l’OAS et les Croix de Feu repose sur l’idée qu’il représenterait une alternative sérieuse aux ploutocrates, au technocrates, etc. La communication du « tous pourris » est une stratégie efficace, tant l’État capitaliste lui donne régulièrement du grain à moudre. Pour paraître honnête, rien de tel que de dénoncer les travers des autres. On paraît toujours moins sale une fois qu’on a couvert de boue ses adversaires. Bien souvent, ceux-ci n’ont même pas besoin qu’on les aide.

Sauf que cette fois-ci, patatras, cette idéologie rance dévoile sa structure de château de cartes. Et la carte de trop, celle qui fait s’effondrer l’édifice, a été posée par Jérôme Cahuzac. Dans cette affaire, l’extrême droite française montre son vrai visage. Ses membres s’accommodent très bien du système capitaliste dont ils sont les bénéficiaires patentés. Ses leaders pourront bien s’offusquer et démentir, leur opposition est bel et bien une posture, un épouvantail idéologique. Parlez leur de leur porte-monnaie, et les barrières de papier qu’ils ont bâties eux-même se déchireront bien vite. Nous en avons désormais une nouvelle preuve, le fascisme est bien une forme aboutie et nauséabonde du capitalisme. Et cette fois, je ne me pose plus la question, j’affirme.

Bonus musical : Midnight Oil – Beds are burning

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La « punchline » Gérard Filoche

Ah ! Cahuzac ! On me dit qu’il ne faut pas tirer sur une ambulance ! En même temps, ceux qui me le disent ont de drôles de têtes d’ambulanciers en ce moment. Il ne faut donc pas « s’essuyer les pieds » sur un homme à terre (je cite). Il ne fallait pas non plus sortir le goudron ni les plumes quand il était bien vivant, nous expliquant que nous étions des clowns. Et puisqu’on récapitule, il ne faut pas non plus tirer sur le reste du gouvernement, il faut lui laisser sa chance (de mener à bien la politique initiée lors du précédent quinquennat). Bref, il ne faut rien dire.

Surtout, il ne faut pas taper sur nos camarades du parti soi-disant socialiste. Ce sont nos concurrents (sic), pas nos adversaires, ce n’est pas la droite, c’est le social-libéralisme. Bref, mieux vaut ne rien dire, ne rien faire, et attendre l’hostie. Amen. D’ailleurs, ils sont pas tous pourris au Parti Socialiste. Regardez Gérard Filoche, comme il était ému aux larmes, face à Michel Field sur le plateau de LCI !

Vingt ans de bureau national du parti soi-disant socialiste, tu nous le rappelles à l’envi ! Vingt ans sans être fichu d’obtenir la moindre investiture, vingt ans sans jamais obtenir la moindre majorité au sein de ton « parti sain » (quand tu as dit ces mots, je me suis joint à tes larmes, mais moi je pleurais de rire). Y a-t-il donc encore suffisamment d’hommes naïfs pour croire à tes larmes ? Un peu de sérieux, tu es la « caution de gauche » de ce qui n’est plus depuis longtemps qu’un cartel de partis aux relents moisis de féodalité. Ce serait faire insulte à ton intelligence que de croire que tu ne le sais pas toi-même. Alors va, sèche donc tes larmes de crocodile : comme Depardieu, ton jeu d’acteur poussif a achevé de nous lasser. Ce numéro là ne fait qu’ajouter de la grossièreté à la grossièreté.

Il paraît qu’il ne faut pas tirer sur une ambulance, Gérard, alors j’ai hésité à te dire tout cela. Mais s’agissant de toi, j’ai bien souvent le sentiment étrange de tirer sur un corbillard.

Bonus musical : Jethro Tull – Locomotive Breath

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Cahuzac, menteur en bloc et en détails.

La facilité, quel piège ! Je m’étais promis de n’écrire que des articles plein de sens, qui apporteraient quelque chose de neuf, de ne jamais aboyer avec la meute. Heureusement, contrairement à d’autres, je fais attention à ce que je déclare publiquement. Ça tombe bien, ce soir je n’y résiste pas. Envie de rire un peu. Tant pis si on rit jaune comme la CFDT.

Menteur !

Menteur !

Jérôme Cahuzac ne pensait donc ni en Français, ni en Finance internationale, il ne pensait pas du tout d’ailleurs, il comptait ses francs suisses. C’est l’heure pour lui d’écrire sa lettre d’excuses. Bel exercice consistant à reconnaître que mentir c’est mal mais que c’est parce que l’enfer est pavé de bonnes intentions et qu’il pensait à l’intérêt supérieur de la France quand même. En bref, un monument de tartuferie. Au cynisme mis à nu d’un gouvernement qui avait donc choisi de confier la caisse au voleur, on ajoute le parfum écœurant du grotesque.

Source : Mediapart

Source : Mediapart

Je pense ce soir à ce prétendu journaliste au talent télévisuel dont l’accent chantant du Pays Basque masque de plus en plus mal le rôle de larbin au service du Capital. Monsieur Aphatie, quels trésors d’énergie avez-vous déployé, notamment sur Twitter, à donner des leçons de déontologie journalistique à Fabrice Arfi ! Aujourd’hui votre maître nous informe que vous avez eu tort de le défendre avec tant de mauvaise foi. J’aimerais savoir : comment se sent-on quand la laisse devient si courte et que c’est un cadavre qui la tient ?

Je ris jaune, pourtant. Le canard enchaîné fait ses choux gras d’une telle affaire, avec toujours en son bec une plume qui était déjà acide en 1934.

Cette image n'a aucun lien avec mon article et s'est donc retrouvée publiée par erreur. Désolé.

Cette image n’a aucun lien avec mon article et s’est donc retrouvée publiée par erreur. Désolé.

Décidément, ceux qui nous replongent dans l’atmosphère délétère des années 30 ne sont pas forcément ceux qu’on croit. N’en déplaise à Harlem Désir, ils ne sont pas au Front de Gauche, ils sont au parti soi-disant socialiste, et ils occupent les postes-clés au gouvernement.

Bonus musical : Bernard Lavilliers – Troisièmes couteaux

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Nanterre, le 2 avril, à 13 heures

Pas besoin de faire un long billet aujourd’hui. Tout ce qui doit l’être a déjà été écrit . Ce qui comptera demain, c’est que nous répondions à l’appel. Ce qui comptera demain, c’est l’expression de notre solidarité. Ce qui comptera demain, c’est de faire corps derrière notre camarade Gérard Cazorla.

Pas besoin de vous en dresser un portrait aux petits oignons, pas besoin d’en faire un syndicaliste hors du commun. Ce qui est important, c’est que c’est l’un des nôtres que l’on attaque, et on ne laisse pas l’un des nôtres seul face à l’ennemi.

FRALIB

La seule véritable force de notre adversaire, c’est sa capacité à nous diviser, à empêcher que notre classe prenne conscience de ce dont elle est capable. Demain, rendons nous à Nanterre, et prouvons à nos adversaires qu’ils se trompent. Qu’ils tremblent, car nous refusons de continuer à avoir peur : Fralib vivra !

Bonus musical (ibère et libertaire) : ¡ A las barricadas !

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Les écosocialistes mangent-ils les enfants ?

C’est amusant comme depuis l’époque où un « spectre » hantait l’Europe, le pouvoir et ses relais médiatiques n’ont de cesse de disqualifier notre camp en nous flétrissant des pires maux. Être communiste, ou quoi que ce soit qui s’en rapproche, c’est nécessairement être un fou violent et sanguinaire, ou aspirer à le devenir. Quand nous ne sommes pas en train de dévorer des enfants, nous pratiquons l’antisémitisme, et le reste du temps nous nous baignons dans le sang de nos ennemis. Depuis le bolchevik au couteau entre les dents jusqu’à François Delapierre et son expression de « 17 salopards », nos adversaires font feu de tout bois pour nous discréditer. Comment pourrait-il en être autrement ? Je l’ai souvent répété : leur avantage principal réside dans une conscience de classes qui nous fait défaut. Ils savent qu’il s’agit d’une lutte à mort et que nos rêves doivent être anéantis.

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Parmi les journalistes aux ordres, il y a les vicieux, comme Monsieur Quatremer, qui élabore des raisonnements inquiétants pour déclarer que Jean-Luc Mélenchon est antisémite. Il y a le troupeau d’ânes fainéants qui répètent ce genre d’accusations en boucle, à l’image de Monsieur Aphatie, et puis il y en a un peu plus retors que d’autres. C’est le cas de Madame Sophie de Ravinel, qui écrit dans le Figaro

« Mais lui et d’autres dirigeants communistes présents au congrès, dont Pierre Laurent, ont été gênés, sans le dire publiquement, par la volonté exprimée par le PG de créer des «listes» de personnalités à faire tomber, que ce soit des chefs d’entreprise ou des maires… «Dresser des listes, c’est du populisme. Et les dérapages sont plus fréquents lorsque l’on prétend, comme le PG, vouloir concurrencer le FN sur son propre terrain, ce dont nous nous gardons», commentait dimanche un membre de la direction du PCF. »

En voilà, un propos bien sournois, autant qu’original. En effet, ce paragraphe est un prototype de malhonnêteté calculée. Ici, l’objectif est clair : remuer l’idée selon laquelle le Front de Gauche serait divisé avec d’un côté un PCF avec les gentils modérés, et de l’autre un PG avec les extrémistes violents. Tant mieux, ces attaques auront court tant que le Front de Gauche sera une formation politique qui effraie le pouvoir. Quant à mes camarades communistes, ainsi que ceux des autres formations du Front de Gauche, nous sommes conscients de la tâche que nous avons à mener. Nos désaccords sont plus rares que nos convergences, et l’unité est notre maître-mot.

Mais la malhonnêteté du propos vient ici surtout de la manière biaisée dont sont rapportés nos débats. De listes, il a été effectivement question, puisque c’était l’objet d’un débat concernant l’élaboration de notre texte d’orientation. L’amendement évoqué ici et soumis au vote des congressistes (Amendement n°2, soyons précis) se présentait sous la forme suivante :

« Aujourd’hui, la domination oligarchique n’a pas de limites, ceux qui construisent et renforcent ce système inique l’assument sans vergogne. Nous, la gauche qui se bat aux côtés des citoyens, nous la gauche par l’exemple, nous l’autre gauche, les désignons nommément comme responsables des dégâts et malheurs qu’accompagnent la confiscation des biens et des pouvoirs au peuple. Nous appelons au renversement du système oligarchique et à la révolution citoyenne. Les plus connus s’appellent Bouygues, Dassault, Proglio, Gohsn, Jouyet, Pujadas, Gallois, Migaud, Joffrin, Hees, Pépy, Giesbert, Minc ou encore Lauvergeon et Pflimlin. Sans oublier le discret Noyer, inébranlable depuis 9 ans à la tête de la Banque de France. »

Dans son introduction à la tribune du samedi matin, demi-journée où ce point a été débattu, François Delapierre prenait la défense de cet amendement. Son propos, en substance était le suivant. Lutter contre cette construction idéologique d’un capitalisme désincarné et contre lequel, par conséquent, on ne pourrait rien faire. Donner des noms, c’est en somme contredire la vieille théorie de la « main invisible » chère à Adam Smith. En aucun cas il ne s’agit de « personnalités à faire tomber », comme le prétend le Figaro. De plus, la liste présentée a pour but de souligner la connivence entre pouvoir économique, pouvoir politique et pouvoir médiatique, ce n’est pas en soit une liste noire, et certainement pas une liste exhaustive.

L’amendement cité ci-dessus a été rejeté par les congressistes. Certains trouvaient peu judicieux l’idée de « faire des listes ». D’autres, comme moi, y étaient favorables, mais trouvaient le paragraphe mal rédigé ou la liste pas assez pertinente. Sophie de Ravinel peut être rassurée, son patron, présent dans la liste, dormira quelques temps encore sur ses deux oreilles.

Bonus nécessaire : Pierre Desproges – La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède : Apprenons à reconnaître un communiste.

Bonus musical : Ghinzu – Cold Love

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Avec Agora Fidelio, face à ses yeux verts…

Dans la vie, on parvient parfois à s’extraire de la monotonie quotidien pour s’offrir quelques secondes d’éternité. Il y en a un, vieux de six ans, qui est encore intact dans ma mémoire. J’étais passager d’une voiture, quelque part sur une route escarpée d’Ariège. La jolie femme aux yeux verts au volant ce jour là étaient de ceux qui apprécient la perfection de la scène finale de Fight Club. L’arrivée de Where is my mind des Pixies au millième de seconde près, un pur moment de génie. Elle connaissait par cœur cette route de son enfance, au point de pouvoir lancer la chanson Altitude Zéro au moment parfait pour que la musique devienne la bande originale de notre escapade, pour que les paysages défilant sous mes yeux se transforme en un clip aux allures bucoliques.

Il y a des histoires musicales où la scène est profondément liée à ce qu’on a de plus intime. Le chanteur d’Agora Fidelio, car c’est de ce groupe toulousain qu’il s’agit, j’en avais déjà entendu parler. Il hurlait depuis un moment déjà dans le micro de Psykup, groupe de métal d’une scène toulousaine jamais avare de créativité musicale. J’avais quelques potes qui en étaient complètement fondus. Le métal, j’ai souvent du mal, et Psykup ne dérogeait pas à la règle. J’ai toujours trouvé épatant la capacité de Matthieu à hurler une violence quasi-bestiale dans Psykup et produire un chant doux et subtil avec Agora Fidelio.

Photo : Mélodie Oxalia

Photo : Mélodie Oxalia

Doux, subtil, mais pas moins violent. Ici, la violence est toute cérébrale, comme de la haine à froid. Non, « haine » n’est pas le bon mot. C’est plutôt le chant d’une mise à nu. On y trouve la douceur, la beauté de l’intimité, mais aussi ses souffrances et ses plaies. Il y a dans les textes d’Agora Fidelio une forme de romantisme sombre qu’on ne trouve guère que chez Noir Désir, Bashung ou Thiéfaine. Et à ce jeu, le groupe toulousain tire son épingle du jeu avec un brio sans cesse renouvelé. Il y a filiation artistique, mais jamais l’ombre d’une imitation.

Cette force littéraire, l’expression crue de la fragilité des hommes, on ne pourrait pas y prêter toute l’attention qu’elle mérite sans la force de composition musicale qui l’accompagne. Quand je les ai découverts, bien des groupes s’essayaient au post-rock avec un syndrome de mégalomanie instrumentale. De la même manière que certains digèrent mal Marx et sombrent dans ce que Lénine appelait La maladie infantile du communisme, bien trop de musiciens voient dans le post-rock l’expression pompeuse de délires narcissiques. Le rock progressif a eu le même problème. Agora Fidelio, c’est au contraire une formation réduite aux fondamentaux du rock : Basse/Batterie/Guitare/Chant pour l’essentiel. Des thèmes le plus souvent mineurs, des arpèges soignés, et on se trouve en quelques mesures dans cette zone démilitarisée du rock, un no man’s land musical où tout est à construire.

Agore Fidelio - Altitude Zéro

Agore Fidelio – Altitude Zéro

Quand je sens venir en moi cette montée de rage impuissante que connaissent si bien ceux qui sont à fleur de peau, je n’ai plus besoin de m’écorcher les phalanges en tapant des les murs, je mets un disque d’Agora Fidelio, et ma chaîne hi-fi s’en charge pour moi.

Bonus Hadopi : Agora Fidelio – Si tu savais comme

Bonus vidéo : Agora Fidelio – Finir à Paris

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Ennemi si tu tombes, un ennemi sort de l’ombre à ta place.

« Le roi est mort, vive le roi » disait-on autrefois. On peut rire du camouflet infligé à Laurence Parisot par ses pairs, ça donne un air de carnaval à ce printemps qui ne se décide pas à venir. Le MEDEF reste malgré tout bien là, confortablement installé au 55 de l’avenue Bosquet dans le 7ème arrondissement de Paris. Précision pour ceux qui ne sont pas familiers de Paris, le 7ème, disons que ce n’est pas la goutte d’or. Ça n’a peut-être l’air de rien, mais entre un « syndicat » installé dans la partie ouest de la rive gauche et un syndicat installé rue de Paris, à Montreuil, il y a un symbole qui ne trompe pas.

Ceci n'est - vraiment - pas un syndicat.

Ceci n’est – vraiment – pas un syndicat.

Le MEDEF continue donc à avoir pignon sur rue, et les travailleurs de PSA en grève depuis 11 semaines le savent très bien. Après avoir investi mercredi une annexe du ministère du travail, ils sont bien décidés à ne pas en rester là, comme en témoigne leur action éclair au siège de cette officine du Capital située à deux pas des Invalides. Cette action démarrée dans le 7ème en début d’après-midi et qui s’est terminée dans la soirée en plein 18ème arrondissement, c’est un nouveau témoignage de la haine de classe que subit quotidiennement les nôtres.

Tout commence par un message sur Facebook du camarade Antoine Foti, militant PG dans le 18ème : les PSA mènent une action au siège du MEDEF, les CRS sont de la partie. J’ai à peine le temps de le relayer que mon compère de la veille et moi-même avons un échange de textos comme seuls les banlieusards peuvent les connaître, dès qu’il s’agit de se rendre en urgence à Paris :

On a opté pour le scooter.

On a opté pour le scooter.

Le temps d’enfiler les casques que les mises à jour s’enchaînent. C’est finalement au commissariat de la rue de Clignancourt qu’on retrouve nos camarades déjà sur place. De là, on rejoint un dépôt de la rue des évangiles. Les PSA sont retenus en nombre à l’intérieur. Nous sommes une centaine à l’extérieur, décidés à affronter le froid jusqu’à la libération du dernier d’entre eux.

Des ouvriers relâchés au compte-goutte.

Des ouvriers relâchés au compte-goutte.

Je croise Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de l’usine d’Aulnay, qui m’explique brièvement qu’ils se sont baladés environ une heure dans les bureaux du lobby patronal pour manifester leur colère et leur solidarité à l’égard de leurs collègues menacés de licenciement suite à des actions menées récemment. La police de classes de Manuel Valls connaît son travail. Les « gueux » sont évacués du « palais » : quand un gouvernement soi-disant socialiste tolère un lock-out pourtant illégal de la direction de PSA, on sait qu’il ne fait pas bon pour les travailleurs être revendicatifs, encore moins vindicatifs.

Le bruit court que le MEDEF a l’intention de porter plainte. Pourtant, les casseurs, ce ne sont pas les ouvriers, mais bien les patrons, casseurs d’emplois, casseurs avec le pouvoir complice du code du travail, casseurs du seul bien des prolétaires que nous sommes : notre force de travail. François Hollande, à la télévision au même instant, peut bien enchaîner les phrases creuses, un gouvernement véritablement de gauche n’aurait pas laissé faire PSA, un gouvernement véritablement de gauche serait dans cette lutte du côté des travailleurs, et certainement pas complice de la criminalisation de leur action.

Lorsque les derniers « suspects » sont enfin libérés, les délégués syndicaux prennent la parole devant une assemblée très remontée. D’autres actions sont promises, les PSA n’en resteront pas là, d’autant que la solidarité à leur égard a été un succès : les caisses de soutien leur permettront de se payer pour la deuxième fois ! Mais pour l’heure, c’est le moment de prendre un repos bien mérité. L’occasion d’improviser une manifestation jusqu’au métro Marx Dormoy, avant de s’engouffrer dans les transports en commun. Demain sera un autre jour… de luttes.

Tribune improvisée des délégués syndicaux.

Tribune improvisée des délégués syndicaux.

Bonus France 3 : Pour une fois que c’est pas Télé-Vatican !

Bonus musical : Les Fatals Picards – Le combat ordinaire

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