Les écosocialistes mangent-ils les enfants ?

C’est amusant comme depuis l’époque où un « spectre » hantait l’Europe, le pouvoir et ses relais médiatiques n’ont de cesse de disqualifier notre camp en nous flétrissant des pires maux. Être communiste, ou quoi que ce soit qui s’en rapproche, c’est nécessairement être un fou violent et sanguinaire, ou aspirer à le devenir. Quand nous ne sommes pas en train de dévorer des enfants, nous pratiquons l’antisémitisme, et le reste du temps nous nous baignons dans le sang de nos ennemis. Depuis le bolchevik au couteau entre les dents jusqu’à François Delapierre et son expression de « 17 salopards », nos adversaires font feu de tout bois pour nous discréditer. Comment pourrait-il en être autrement ? Je l’ai souvent répété : leur avantage principal réside dans une conscience de classes qui nous fait défaut. Ils savent qu’il s’agit d’une lutte à mort et que nos rêves doivent être anéantis.

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Parmi les journalistes aux ordres, il y a les vicieux, comme Monsieur Quatremer, qui élabore des raisonnements inquiétants pour déclarer que Jean-Luc Mélenchon est antisémite. Il y a le troupeau d’ânes fainéants qui répètent ce genre d’accusations en boucle, à l’image de Monsieur Aphatie, et puis il y en a un peu plus retors que d’autres. C’est le cas de Madame Sophie de Ravinel, qui écrit dans le Figaro

« Mais lui et d’autres dirigeants communistes présents au congrès, dont Pierre Laurent, ont été gênés, sans le dire publiquement, par la volonté exprimée par le PG de créer des «listes» de personnalités à faire tomber, que ce soit des chefs d’entreprise ou des maires… «Dresser des listes, c’est du populisme. Et les dérapages sont plus fréquents lorsque l’on prétend, comme le PG, vouloir concurrencer le FN sur son propre terrain, ce dont nous nous gardons», commentait dimanche un membre de la direction du PCF. »

En voilà, un propos bien sournois, autant qu’original. En effet, ce paragraphe est un prototype de malhonnêteté calculée. Ici, l’objectif est clair : remuer l’idée selon laquelle le Front de Gauche serait divisé avec d’un côté un PCF avec les gentils modérés, et de l’autre un PG avec les extrémistes violents. Tant mieux, ces attaques auront court tant que le Front de Gauche sera une formation politique qui effraie le pouvoir. Quant à mes camarades communistes, ainsi que ceux des autres formations du Front de Gauche, nous sommes conscients de la tâche que nous avons à mener. Nos désaccords sont plus rares que nos convergences, et l’unité est notre maître-mot.

Mais la malhonnêteté du propos vient ici surtout de la manière biaisée dont sont rapportés nos débats. De listes, il a été effectivement question, puisque c’était l’objet d’un débat concernant l’élaboration de notre texte d’orientation. L’amendement évoqué ici et soumis au vote des congressistes (Amendement n°2, soyons précis) se présentait sous la forme suivante :

« Aujourd’hui, la domination oligarchique n’a pas de limites, ceux qui construisent et renforcent ce système inique l’assument sans vergogne. Nous, la gauche qui se bat aux côtés des citoyens, nous la gauche par l’exemple, nous l’autre gauche, les désignons nommément comme responsables des dégâts et malheurs qu’accompagnent la confiscation des biens et des pouvoirs au peuple. Nous appelons au renversement du système oligarchique et à la révolution citoyenne. Les plus connus s’appellent Bouygues, Dassault, Proglio, Gohsn, Jouyet, Pujadas, Gallois, Migaud, Joffrin, Hees, Pépy, Giesbert, Minc ou encore Lauvergeon et Pflimlin. Sans oublier le discret Noyer, inébranlable depuis 9 ans à la tête de la Banque de France. »

Dans son introduction à la tribune du samedi matin, demi-journée où ce point a été débattu, François Delapierre prenait la défense de cet amendement. Son propos, en substance était le suivant. Lutter contre cette construction idéologique d’un capitalisme désincarné et contre lequel, par conséquent, on ne pourrait rien faire. Donner des noms, c’est en somme contredire la vieille théorie de la « main invisible » chère à Adam Smith. En aucun cas il ne s’agit de « personnalités à faire tomber », comme le prétend le Figaro. De plus, la liste présentée a pour but de souligner la connivence entre pouvoir économique, pouvoir politique et pouvoir médiatique, ce n’est pas en soit une liste noire, et certainement pas une liste exhaustive.

L’amendement cité ci-dessus a été rejeté par les congressistes. Certains trouvaient peu judicieux l’idée de « faire des listes ». D’autres, comme moi, y étaient favorables, mais trouvaient le paragraphe mal rédigé ou la liste pas assez pertinente. Sophie de Ravinel peut être rassurée, son patron, présent dans la liste, dormira quelques temps encore sur ses deux oreilles.

Bonus nécessaire : Pierre Desproges – La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède : Apprenons à reconnaître un communiste.

Bonus musical : Ghinzu – Cold Love

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2 réflexions sur “Les écosocialistes mangent-ils les enfants ?

  1. micmousse dit :

    inébranlable , pas sur

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