Nous sommes complètement fous.

Je ne l’ai pas dit il y a six mois, et je ne l’ai pas dit dans l’obscurité éthylique d’un PMU de quartier. Je l’ai dit, ou plus précisément écrit hier, sur ce blog. Et tout le monde a applaudi, parce que j’avais tellement raison, que c’était une telle évidence :

« nous sommes un outil au service des travailleurs, pas l’inverse. »

Et de passer de la théorie à la pratique, de la parole aux actes. On m’en donne l’occasion en début d’après-midi, sur Facebook :

statut

Moins d’une heure plus tard, le temps de lacer mes chaussures, de remettre un peu d’essence dans la voiture et de subir les bouchons de la porte d’Orléans, je rejoins mon camarade en exil. Les PSA sont une cinquantaine à l’intérieur, ils sont venus négocier la désignation d’un médiateur dédié à leur lutte. Oui, dans la France de François Hollande, les travailleurs doivent négocier pour obtenir un interlocuteur de négociations.

Dans le froid de ce lieu sans âme de Paris, nous sommes deux à attendre à l’extérieur pour témoigner notre soutien à nos frères de l’industrie automobile. On tend l’oreille. Il semble que les débats à l’intérieur sont houleux. Arborant badges du PG, du Front de Gauche et de la CGT, on échange avec légèreté avec les CRS qui semblent se demander ce qu’ils foutent là.

Une mobilisation de grande ampleur...

Une mobilisation de grande ampleur…

Le temps se fait long, et on se sent bien seuls, tous les deux. Les minutes passent, et les rangs des forces de l’ordre grossissent à vue d’œil. Mon binôme et moi sommes un peu jaloux, on ne peut pas en dire autant.

La délégation des PSA est enfin ressortie. Leur détermination ne semble avoir d’égale que la vacuité politique d’une trop grande part des miens. Dans ce monde fait de slogans, certains parmi nous prennent les mots d’ordre pour des logos, des hochets pour instrumentaliser les luttes de ceux pour qui tout cela est une question de survie, pas de vanité égocentrique.

On prête à Mirabeau cette phrase sur Robespierre : « Il est complètement fou : il croit à tout ce qu’il dit. » Peut-être que l’Ibère et moi sommes complètement fous. Aujourd’hui, le front des luttes, c’était lui et moi. Nous vous avons laissé ergoter sur vos stratégies électorales. Deux personnes. Peut-être sommes nous complètement fous.

Bonus militant : ce qui s’est passé à l’intérieur :

Bonus musical : Noir Désir – Si rien ne bouge

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6 réflexions sur “Nous sommes complètement fous.

  1. Cash mais clair. Alors moi j’écrirai quoi sur cette après-midi de lutte ? J’ai bien quelques idées …

  2. Kaz Kasa dit :

    Bravo les gars.Restez debout.

  3. Lo dit :

    La folie suprême n’est-elle pas de voir la vie telle qu’elle est, et non telle qu’elle devrait être ? (Cervantès repris par J. Brel)
    Bon courage à vous, Camarades debout parmi tous ces gens assis. Lo

  4. […] et les travailleurs de PSA en grève depuis 11 semaines le savent très bien. Après avoir investi mercredi une annexe du ministère du travail, ils sont bien décidés à ne pas en rester là, comme en […]

  5. […] nous sommes, fous aussi, Comme on l’était face aux palais d’hier Et l’Octobre de Grégoire Est plus fort et […]

  6. […] donc dans ces conditions que les ouvriers de PSA, qui s’invitent ici et là depuis quelques temps, ont mis samedi le cap sur le Parc de la Villette, à l’occasion […]

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