Budget : Quand l’Etat se prend pour une ménagère

Lundi, le Parti de Gauche présentait son « contre-budget », en opposition radicale à celui, malheureusement bien réel, proposé par le gouvernement au pouvoir. J’ai longtemps rechigné à l’étude approfondie des questions budgétaires, tout simplement parce que ma formation scientifique m’éloigne de ces problèmes de nombres désignant des grandeurs trop absconses pour que je puisse prétendre démêler clairement les enjeux, les vérités et les erreurs qui s’y cachent. L’ami politeeks pointe ainsi des « erreurs » dans notre contre-budget. Je serais bien incapable de dire s’il a tort ou raison, même si je crois que le travail produit par les économistes du PG est sérieux, et croit tout autant que la critique de notre camarade blogueur est une critique de bonne foi. Pour le reste, le camarade de la gauchosphère s’est déjà chargé de répondre !

Plus généralement, la question du budget d’un État, comme de celui d’un ménage pris au hasard, tourne autour de l’équilibre entre recettes et dépenses. Pour l’État, comme pour la plupart des ménages, le budget est déficitaire. L’État bourgeois raisonne comme la ménagère. Il s’inquiète des méthodes à employer pour rendre ce budget, sinon bénéficiaire, au moins équilibré. Grosso modo, on économise ici, on dépense moins là, on essaye d’obtenir plus d’argent par tel ou tel moyen. C’est notre quotidien à tous : regarder les prix en rayon, frauder le métro, chercher un travail, faire des heures sup. etc. On le fait parce que nous n’avons individuellement pas le choix. On ne peut pas décider unilatéralement du coût de la vie. L’État, par définition, est une construction politique. Cela signifie qu’elle dispose des leviers pour changer la donne. C’est pour cette raison qu’il n’est pas vain de parler de renoncement de la part du gouvernement. Contrairement à ce que l’on essaie de nous vendre, l’austérité est un choix politique, le choix des comptes d’apothicaire !

Auteur génial et inconnu, manifeste-toi !

Ce contre-budget du PG, donc, est très probablement imparfait, et il ne résout pas tous les maux de la société. À titre personnel, je trouve même qu’il ne va pas assez loin, car toute tentative de changement de cap budgétaire devrait commencer par la question de l’abolition du Capital. Cette question là n’est à mes yeux pas une chimère, pas une utopie de doux rêveur, mais bien une possibilité concrète dont les classes laborieuses doivent se saisir. Néanmoins, je soutiens sans réserve cette proposition de contre-budget, ne serait-ce que parce qu’elle envoie un message fort : d’autres choix politiques sont possibles. Une révolution ne se décrète pas, elle se prépare, et elle se prépare d’abord en ouvrant, même timidement, les brèches d’un changement qui se veut autre chose qu’un slogan de campagne.

Bonus : Le contre-budget du Parti de Gauche

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Une réflexion sur “Budget : Quand l’Etat se prend pour une ménagère

  1. Bien d’accord, pinailler c’est se perdre en conjectures. Tout est question d’orientation politique.

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