Fralib, le soleil, et 80,000 copains.

Parmi les choses agréables de la vie, il y a les dimanches ensoleillés, quand la canicule est partie. C’est l’occasion de balades entre amis ou en famille, éventuellement d’un verre ou d’un croque-monsieur en terrasse. Une fois n’est pas coutume au mois de septembre, la journée d’hier était de ces dimanches. J’avais donc décidé d’y retrouver quelques amis, vers 13h30, Place de la Nation.

Vers midi, j’arrive donc sur le quai du RER, quelque part au nord de l’Essonne, et m’engouffre dans le premier train à destination de Paris. À peine entré, je reconnais dans un des carrés de sièges quelques amis qui eux aussi me reconnaissent. Chacun donne son prénom, mais leurs autocollants réclamant un référendum et mon drapeau du Parti de Gauche ont suffi à nous faire comprendre que notre destination était identique. La discussion s’installe autour du TSCG, de la politique catastrophique du gouvernement en place, des travailleurs en lutte un peu partout. Discussion naturelle dans ce genre de conditions. Cela se poursuit jusqu’à au changement de quai à Châtelet ainsi que dans le deuxième train qui nous emmène à Nation. Nos chemins se séparent ici.

Remonté à la surface, je me dirige vers le ballon PG, convaincu que c’est là que je vais croiser le plus de têtes connues. J’ai en effet rapidement l’occasion de saluer quelques visages déjà rencontrés ici ou là. Une fois encore, on ne retient pas tous les prénoms, mais les visages amicaux restent en mémoire. Je me dirige alors vers le carré de tête de notre cortège dominical, pas dans l’espoir d’y croiser une quelconque célébrité, c’est les jeu des journalistes, mais de saluer les camarades du service d’ordre. J’échange quelques mots, je pars m’acheter deux merguez glissées dans une baguette pas très fraîche, et puis j’aperçois Pierre (ou lui m’aperçoit, je ne sais plus) en compagnie de Philippe et Olga, puis on retrouve José et Hélène, en compagnie des « Fralib », « Fra-libres » entend-on parfois dans la bouche de gens dont la langue fourche joliment. Ils défilent parmi les premiers, ces travailleurs symbole d’une unité et d’une résolution sans faille contre l’injustice faite aux ouvriers. Je ne les quitterai qu’une fois arrivé Place d’Italie.

 

Défiler avec « Fralib », ça rend une manifestation particulièrement savoureuse. Ils ne sont pas sectaires, manifestant ensemble, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Mon camarade José, du PG, tient une pancarte « Boycott Lipton » au premier rang devant la banderole, Éric Corbeaux, du PCF, animateur du Front des Luttes, tient avec eux la banderole « Unilever doit payer », on me demande de participer à la mise en place d’un cordon ayant pour but de rendre cette banderole visible par tous. Sur notre chemin, ceux qui sont la fierté de Gémenos sont souvent applaudis par la foule agglutinée sur les côtés, certains viennent nous voir, pour les encourager ou les féliciter. Moment intimidant, voire gênant pour moi qui me sent usurpateur de leur lutte. Chaque fois qu’on vient me souhaiter du courage, je m’empresse de préciser que je ne suis là qu’en sous-traitance amicale, que ce sont ceux autour de moi qui sont les véritables héros. Les camarades, eux, ont compris l’essentiel. On n’obtient rien sans unité, et on n’obtient pas l’unité sans joie. Les slogans ne sont jamais pleurnichards, et cèdent parfois la place à des commentaires avisés sur la dégelée de l’OM à Valenciennes. La détermination n’a de sens que si la bonne humeur domine.

 

Nous arrivons vers 16h sur la Place d’Italie, on prend quelques photos, on grignote un sandwich, et puis les camarades provençaux repartent en direction de la Gare de Lyon, il est l’heure pour eux de rejoindre les Bouches du Rhône. Je croise encore quelques camarades que je connais, un collègue de travail « toujours présent dans les mauvais coups » (pour le citer), on remonte le cortège en sens inverse, celui des syndicats, celui du Front de Gauche, celui du NPA, et en queue de cortège, le POI, improvisant un meeting en haut du Boulevard de l’Hôpital, appelant à maintenir l’unité des forces de gauche rassemblées aujourd’hui. Le camarade au micro dit tout haut ce que nous savons déjà tous : le traité mortifère sera voté. Qu’à cela ne tienne, les comités contre la ratification du TSCG doivent devenir naturellement des comités pour son abrogation. Ce sera le mot de la fin, et il me convient parfaitement.

Une pause en terrasse, on prolonge la discussion pendant une heure encore, puis retour en banlieue, un peu vidé, et surtout convaincu que ce combat là ne fait que commencer. Aujourd’hui j’ai vu 80,000 copains. ON LÂCHE RIEN !

En bonus : une vidéo faite par un camarade sur l’ensemble du cortège (et même qu’on me voit dedans) :

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2 réflexions sur “Fralib, le soleil, et 80,000 copains.

  1. laroberouge dit :

    Les deux pouces en l’air! ❤ Nous on fait la même manif vendredi!

  2. […] en lutte, de la Fête de l’Humanité aux rassemblements de soutien aux ouvriers de PSA, des manifestations contre le TSCG au salon de l’agriculture, en passant pas les « Pilpa » de Carcassonne. Tiens, je me suis […]

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