PSA : Pour qui Sonne l’Agonie…

Certains en doutaient encore, mais l’accélération de l’actualité sociale en témoigne, nous sommes toujours sous un gouvernement de droite. La soi-disant aile gauche du parti soi-disant socialiste achève de tomber le masque. Ce 11 septembre, décidément condamné à être de triste mémoire, ce sont les salariés de PSA qui en prennent acte. Le rapport Sartorius conforte la direction de PSA. Tout juste sont soulevées des « erreurs de stratégie ». La famille Peugeot ne sait pas gérer son argent, les ouvriers ne partiront pas en vacances.

La famille Peugeot, voilà qui me rappelle le temps des fameuses « deux cents familles ». Je suis diplomate. En vrai, elle me fait plutôt penser à un autre type de famille, parfois aussi appelée « syndicat ». Vous voyez de quoi je parle ? Non ? Alors je vous recommande vivement « Les incorruptibles » dans la version très soignée de Brian de Palma. En plus, pour les cinéphiles communistes, il y a un clin d’œil appuyé à Eisenstein. Bref, Peugeot, une famille qui s’y connaît en syndicats : les travailleurs du groupe pâtissent quotidiennement de ces résidus de SA connus sous le nom de Syndicat Indépendant de l’Automobile (prononcer « Sia »).

Donc, les actionnaires de PSA se sont gourés. Ils ont mal géré leur outil de production. Du coup, on ferme boutique. Ita missa est et j’espère que vous n’oublierez pas de communier. Quel gouvernement peut se prétendre de gauche et livrer en pâture des travailleurs au Capital ? En dernier recours, « c’est la faute à la crise, on n’y peut rien ! » Comme on dit quand on parle la langue de Margaret Thatcher ( cette vieille copine de Pinochet, je reste dans la thématique 11 septembre) : « There Is No Alternative » (TINA).

Licenciez, actionnaires ! Remerciez les travailleurs, et nous saurons vous remercier ! Soyons concrets. Pendant des dizaines d’années, les actionnaires de PSA ont vécu oisivement de ce que l’on appelle pudiquement « plus-value », autrement dit le profit, et ce profit, c’est le fruit du sur-travail des travailleurs accaparé à leur détriment. Ce profit, il est aussi indirectement le fait des contributions de tous les travailleurs, c’est-à-dire vous et moi, travailleurs extérieurs au groupe, par le biais des aides de l’Etat qui n’ont jamais profité aux camarades d’Aulnay et d’ailleurs. Idéalement, un gouvernement travaillant dans l’intérêt de la classe laborieuse demanderait des comptes à ces parasites, et je suis sûr qu’on ramasserait de quoi sauver les camarades d’Aulnay, mais plus encore de proposer des politiques de services publics remarquables.

Admettons que mon point de vue soit extrémiste, même si j’en doute. Admettons que la fermeture d’Aulnay soit inévitable, même si j’en doute. Soit. Alors organisons l’expropriation des capitalistes de PSA. Privons les de leur propriété des moyens de production à Aulnay, mais aussi sur tous leurs sites en France, et rendons-les à leurs propriétaires légitimes : les salariés de PSA. Par dessus le marché, au lieu d’un plan automobile bancal destiné à transférer de l’argent directement de la poche du contribuable à l’oisif du capital, je suis convaincu qu’avec leur savoir-faire et la responsabilité à laquelle le ministre du renoncement productif les appelle, les travailleurs sauront en faire un outil efficace.

En attendant, si la main est aujourd’hui aux salariés d’Aulnay, il est impératif que ceux-ci puissent compter sur le Front de Gauche au cours des luttes qui s’annoncent.

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5 réflexions sur “PSA : Pour qui Sonne l’Agonie…

  1. Les dirigeants ont fait des erreurs stratégiques, les actionnaires leur ont laissé leur confiance et ont continué à engranger des dividendes. En attendant les ouvriers sont sur le carreau… ça parait si simpliste comme vision, si « lutte des classes » et pourtant c’est si vrai.

  2. lecridupeuple dit :

    Comme le dit Pierre et comme tu le sous-entend en évoquant à juste titre la « Dame de fer », #envrai c’est so 1984 cette affaire.

    • rocknrouge dit :

      Comme l’affirmait Marx, les oripeaux de le classe dominante changent, la classe opprimée aussi mute en permanence, mais la lutte des classes reste, en 2012, en 1984, en 1973 etc

  3. […] le populo, à quoi bon faire un travail sérieux ? Je comprends fort bien, dans ce cadre, le coup de colère de mon ami Rock n’ Rouge sur son blog. Et j’en profite pour le rassurer : oui, le […]

  4. […] Aulnay-sous-Bois pour assister au meeting organisé par les travailleurs en lutte de l’usine PSA. En France, les révolutions se produisent quand il fait beau, et le soleil de cette fin septembre […]

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