Ségolène Royal, la gauche sans politique

Ils sentent la gauche, mais ils vous agacent. Toujours prêts à introduire la morale et le macramé dans les programmes scolaires, leur enthousiasme de boy-scouts vous agace. Ils sont vos collègues, les habitués du même bar que vous, vos anciens amis parfois. Quand vous croisez leur chemin, une subite envie de voter Copé vous étreint, et vous ne pouvez alors vous empêcher de leur balancer un piolet à la tronche, en espérant sournoisement que le coup sera fatal. Comme vous êtes de gauche, vous culpabilisez.

Je vous rassure. Cette victime de la fureur révolutionnaire qui fait soudainement de vous un psychopathe, ce n’est pas une créature de gauche. Ça y ressemble beaucoup, certes, mais il ne s’agit que d’un royaliste. Le terme n’évoque évidemment pas ici les rigolos dont le modèle est la monarchie britannique, voire belge ( eux aussi existent, ils font la joie des dîners de cons), mais bien l’insupportable du Poitou, celle qui faillit être présidente.

Pour être présidente, la pénible de la côte atlantique avait eu une super idée. Elle savait bien que le socialisme d’Adrien Marquet n’était guère vendeur, que ça ne suffirait pas, qu’on verrait trop que, comme Manuel Valls, elle n’avait de socialiste que la cotisation. Sauf qu’à l’ENA, on ne vous apprend pas à avoir des idées, et si cela se produit, ce ne sont pas des idées de gauche. Alors comme d’autres, mieux que d’autres mêmes, elle se décida à aller chercher l’électeur là où il était : dans la presse-poubelle où sévit notamment certaine rivale ( la coïncidence m’amuse). C’était une bonne base pour se faire adouber à l’avance par la presse qui ment, las, la presse de faits divers sordides n’a jamais été le ciment idéologique des projets de gauche. Alors, à ce moment là, notre horripilante dinde eut l’idée de génie. Elle allait donner la parole au peuple. Pas celui qui réfléchit, qui lutte, ou quoi que ce soit. A 10 euros l’adhésion au PS, ça ouvrait aux lecteurs de Gala de nouvelles perspectives. C’est ainsi que toutes les idées foireuses des étudiants amateurs de Secret Story n’ayant jamais ouvert un livre ( car on peut être étudiant et illettré, c’est même une condition pour le rester longtemps) contribuèrent à faire d’elle le renouveau face à des éléphants pour qui j’ai, vous le savez, le plus profond mépris.

Le royaliste, donc, incarne la rébellion du cancre contre le professeur. Un peu comme cet élève qui, un jour que je l’engueulais, affirma que c’était parce que je n’aimais pas les arabes. Mais non mon grand, je t’engueule parce que tu te comportes comme un con, être arabe n’a rien à voir là dedans. Amusant d’ailleurs de constater que quand on dit du mal de leur maman, les ségolénistes réagissent exactement de la même manière : « Tu dis ça parce que c’est une femme. »

Si vous espérez la canonisation, donc, éduquez le vermisseau ségoléniste afin de lui faire comprendre que tant qu’il éprouvera de l’affection pour la gangrène social-fasciste, il ne pourra pas véritablement se dire de gauche. Sinon, un coup de pelle, de piolet, ou de l’objet contondant de votre choix fera l’affaire.

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7 réflexions sur “Ségolène Royal, la gauche sans politique

  1. babelouest dit :

    Ah passsqu’y a des gens de gauche au PS ? Ch’avais pas.

    Au mieux un national-paternalisme. Au pire la xénophobie mal placée. Et pardessus tout çà l’ombre de Bruxelles, comme un pygargue à tête blanche (si vous voyez ce que je veux dire)

  2. RadTransf dit :

    Arf la mise en forme n’est pas passé, mon commentaire est illisible, voilà une autre version:

    Les relations FdG – PS sont compliqués…

    – le FdG est écartelé entre le PCF d’un coté, dont beaucoup rêvent d’un destin à la EELV, et de l’autre les ex-NPA, qui ont du mal à comprendre certaines nécessités du combat politique.

    – la question de savoir comment taper sur le PS tout en récupérant ses électeur est incroyablement difficile à résoudre

  3. babelouest dit :

    « la gauche sans politique », ou une politique très gauche ? 😉

  4. […] femmes. Ça situe le niveau. Et puis on ne peut pas m’accuser de sexisme, j’ai soutenu la dinde du Poitou en 2007. Rien que pour ça, je mérite la légion d’honneur […]

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