Et si la Gauche prenait le pouvoir ?

Vous vous souvenez, quand François Hollande, alors auréolé de sa récente victoire face à l’homme qui gesticulait plus fort que ses talonnettes, était allé se pavaner à la télé grecque pour « défendre l’Euro ».

Autrement dit, quand il avait publiquement soutenu la droite de Nouvelle Démocratie face à nos camarades de Syriza qui devenaient trop menaçants. Sitôt la défaite de la gauche grecque consommée, les nouveaux nervis gouvernementaux s’en félicitaient sur France Inter.

Cette situation me revient en mémoire alors que je m’interroge chaque jour un peu plus sur notre positionnement à l’égard du parti de la gauche qui ne gesticule pas mais n’agit pas non plus. En substance, l’idée est de considérer que ce parti, aujourd’hui au gouvernement, est un partenaire nécessaire dans la mesure où quels que soient ses choix idéologiques, son électorat au moins se positionne comme étant de gauche. Ensuite, notre ambition est de dépasser le parti des nouveaux apparatchiks et de prendre le leadership au sein de la gauche. En somme, inverser les rôles, les amener à nous suivre, par réciprocité de toutes ces fois où nous leur avons apporté les voix qui leur manquaient au second tour.

Si je n’avais pas l’optimisme de penser que nous parviendrons à dépasser le parti soi-disant socialiste, je ne me préoccuperais pas de cette problématique, ni même plus généralement de politique. Imaginons donc que face aux difficultés de son gouvernement, l’homme du consensus mou soit contraint de dissoudre l’assemblée nationale. Imaginons, tant qu’à faire, qu’à cette occasion le Front de Gauche devance le parti de l’actuelle majorité à muselières.

1er cas : victoire de l’UMP-FN

Jean-François Copé est nommé premier ministre, Nadine Morano revient au gouvernement, et le journal L’Equipe fait sa une sur les 24 heures du Mans. L’horreur. De notre côté, nous rentrons à nouveau dans une logique d’opposition, sans garantie de pérenniser notre soudain avantage.

2ème cas : victoire du Front de Gauche avec majorité absolue

Le schéma idyllique au point qu’en l’état actuel de nos forces, il me semble vain d’y croire. Mais puisque nous rêvons un peu, rêvons même franchement. Le bicamérisme aux relents de bonapartisme de notre Vème république offrirait au président de l’austérité à vie un sacré levier dans ce qui donnerait lieu à une cohabitation d’un genre nouveau. De là à penser que la mise en œuvre du programme « L’humain d’abord » serait une gageure, il n’y a qu’un pas. Mais je ne m’y attarde pas davantage : nous ne devons pas craindre d’avoir à gouverner.

3ème cas : victoire du Front de Gauche, avec une majorité relative

La balle serait alors dans le camp du PS. On a tendance à croire que les tontons de la rue de Solférino se joindraient à nous pour constituer une majorité de gauche. Sauf qu’on néglige que la situation ne s’est pas présentée sous la Vème République. La Pasok, équivalent grec des caciques de la rive gauche, n’a pas hésité à faire alliance avec Nouvelle Démocratie pour faire les poches de nos camarades hellènes, alors même qu’il aurait pu constituer une majorité derrière Syriza. Que préféreraient alors les maîtres de la duplicité que sont le parrain de la Seine Saint-Denis ou L’homme qui ne s’aimait pas ? Nous le constatons depuis maintenant plusieurs mois, ceux-là nous aiment tant que nous ne sommes dans les faits qu’un réservoir de voix, mais n’hésitent pas à mener la politique que nous a servie Sarkozy pendant cinq ans, en s’apprêtant à ratifier le traité Merkozy, ou en reproduisant sans vergogne la politique calamiteuse de non-immigration de la sainte trinité Sarkozy-Hortefeux-Guéant.

Le parti socialiste n’est pas un parti anticapitaliste. Il est un parti de la bourgeoisie, et en tant que tel un ennemi de classe. Nous ne pouvons pas espérer les inféoder au Front de Gauche comme il ne cesse de vouloir nous inféoder à lui. C’est pourquoi notre ambition ne doit pas uniquement être de « dépasser » le parti social-autiste, mais plus encore de le combattre et d’anéantir la gangrène idéologique dont il est le vecteur. Alors, peut-être, la gauche pourra défendre et conduire une politique de gauche.

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Une réflexion sur “Et si la Gauche prenait le pouvoir ?

  1. lecridupeuple dit :

    Tu m’interroges fils… Je me questionne. Je te dois des réponses. Mais je suis d’humeur belliqueuse en ce moment… Genre #LaLoubiankaCEstMaintenant. Nous allons donc devoir attendre un peu.

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