Tribunes d’experts, le caca : même combat.

Ça pue et seuls les lapins et les cochons d’inde sont prêts à en manger.

Dans mes jours les plus clairement masochistes (en général les lendemains de cuite où il faut aller travailler), le meilleur moment est celui où j’achète un des trois grands quoti-riens nationaux, mon choix se portant le plus souvent sur la feuille de nem vespérale, mais parfois sur l’infanticide baveux des idées révolutionnaires, ou encore, comme ce fut le cas aujourd’hui, sur celui qui poussa le comique jusqu’à mettre le journaliste le plus bête de France à sa tête. Bref, je m’installe donc sur la cuvette des chiottes pour mon caca matinal, muni de mon PQ ouvert à la page 17.

Les divagations du cumulard Duhamel

Alain Duhamel, vous connaissez, et depuis longtemps. Son inutilité parasite pollue télévisions et ondes radiophoniques depuis l’ORTF. Avec son copain Elkabbach, cela fait désormais des décennies qu’il distille son poison libéral sans jamais rendre de compte.

Le cumulard, comme l’appelait Georges Marchais, sévit donc aujourd’hui dans une tribune intitulée « Le quitte ou double en trompe l’œil de Mélenchon ». Dès la première phrase, le ton est donné : « Jean-Luc Mélenchon a tous les défauts du monde, mais il faut reconnaître qu’il ne manque ni de panache, ni de nez politique, ni d’un sens exceptionnel du théâtre. » Monsieur Mélenchon est un gros con, mais comme Danton, il parle bien. Entre l’invective et la flatterie, on ne sait pas ce qu’on préfère chez Alain Duhamel, d’ailleurs on distingue mal l’une de l’autre.

Le propos consiste ici à expliquer que contrairement aux apparences, la victoire est acquise à Hénin-Beaumont pour le candidat du Front de Gauche. Connaissant le talent de prédictions d’Alain Duhamel (l’homme qui soutenait Bayrou en 2007), ça aurait plutôt tendance à m’inquiéter pour le camarade Jean-Luc. D’ailleurs, le cumulard parasite nous montre dans la même phrase que sa tribune est placée sous le signe de la déconnade : « tous les sondages, publics ou non, donnent la gauche gagnante au second tour, qu’il s’agisse du candidat de terrain du Parti Socialiste, honorable élu local de la circonscription, ou de l’incandescent orateur hugolien. » Prière de ne pas rire. Tellement honorable, le Kemel, que quand il s’agit d’investiture, même les morts l’honorent.

La logorrhée de notre bien triste sire vire ensuite à la pure calomnie, accusant Mélenchon, « par son appétit et par son intransigeance, de faire échouer l’accord entre socialistes, écologistes et Front de Gauche » aux législatives.

Et nous voilà ainsi au cœur de l’argumentaire de l’imposteur idéologue (faux journaliste, vrai propagandiste). Le Front de Gauche est en réalité une menace pour le PS, une menace pour la bonne politique programmée par le candidat de Libération, une entrave à la bonne gestion gentille de la vraie gauche responsable. Mélenchon sera alors – il faut oser l’écrire – « la mauvaise conscience de gauche face aux sévères réalités des soubresauts européens. » Soit ça ne veut rien dire, soit ça veut tout dire, je vous laisse juges.

La bêtise, meilleure amie du fascisme

Le polito-glauque Thomas Guénolé, dont on apprend qu’il est maître de conférences à Sciences-Po, ce qui est pour moi disqualifiant d’entrée, nous propose une réforme du code électoral pour le moins amusante. En intitulant son billet « Entre deux extrêmes », il annonce déjà clairement qu’il n’est pas question de faire la différence, il faut pas déconner.

Je ne m’attarde pas, comme le fait notre inutile du jour, sur l’analyse du vote « extrême » de l’antiquité (ou presque) à nos jours (et au delà), ladite analyse n’apportant rien d’autre que le nombre de signes suffisant à son émargement. En revanche, sa suggestion de réforme du code électoral est édifiante. Monsieur Guénolé propose de calquer le scrutin législatif sur le scrutin présidentiel, id est un plafonnement à deux candidats au second tour, avec un objectif clair : « Les extrêmes deviendraient progressivement des courants minoritaires des deux grands partis ». Belle leçon de démocratie !

L’idiot du jour évoque aussi l’impossibilité alors d’éliminer un parti de gouvernement par effet de seuil de type 21 avril. Là, je reste coi. C’est officiel, l’un de nous deux est totalement con. Indication : ce n’est pas moi.

Charitable, enfin, Monsieur Guénolé serait prêt à accorder un scrutin proportionnel au suffrage universel direct (mais par départements, n’exagérons rien) pour l’attribution des sièges au Sénat, en précisant bien que c’est parce qu’en cas de blocage, l’Assemblée Nationale a le dernier mot. En termes clairs, on veut bien vous donner un jouet, mais restons dans l’entre-soi policé des gens sérieux !

Je vous laisse, je pars vomir, en attendant, comme disait l’autre, qu’ils s’en aillent tous !

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2 réflexions sur “Tribunes d’experts, le caca : même combat.

  1. lecridupeuple dit :

    Tu aurais pu titrer, pour rester dans le tempo du moment, « le caca c’est maintenant » ^^
    Merci de mettre en lumière le qualificatif « honorable » pour le candidat du Parti dit sérieux dans la 11e du Pas-de-Calais que tu connais si bien…
    Si je peux me permettre, tu as juste oublié Jean-Mimi, que je rattrape ici
    http://lecridupeuple.wordpress.com/2012/05/24/la-grece-met-les-racistes-en-apathie/

  2. rocknrouge dit :

    Ouais, auto-promo indécente ! C’est pas comme s’ils se gênaient en face ! 😀 Et c’est que du bon.

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